Coccinelle

Un amour de coccinelle (2007)

En France, on surnomme ce petit insecte aux couleurs vives “ bête à bon Dieu ”, ou encore “ catherine ”. Ailleurs, on lui donne des noms différents. Dans le monde des coléoptères, plutôt peu aimés du public, la coccinelle se distingue, car elle éveille généralement la sympathie. Elle fascine les enfants, et les jardiniers comme les agriculteurs l’accueillent à bras ouverts. D’où lui vient un tel succès ?
Pourquoi l’aime-t-on ?
La plupart des espèces de coccinelles raffolent des pucerons, ces minuscules insectes mous qui aspirent la sève des plantes jardinières et agricoles. Certaines sont capables d’en dévorer plusieurs milliers en une vie d’adulte. Les larves aussi ont un solide appétit. De plus, la coccinelle se nourrit de nombreux autres insectes nuisibles ; parfois même, elle se délecte de champignons responsables du mildiou. On comprend pourquoi jardiniers et agriculteurs la reçoivent avec le sourire !
À la fin du XIXe siècle, la cochenille de l’oranger, un insecte ravageur, a été accidentellement introduite d’Australie en Californie. Elle s’est multipliée si vite qu’elle a failli engloutir l’industrie des agrumes en détruisant les vergers. Sachant qu’en Australie ce coccidé ne représentait pas une menace pour les cultures, un entomologiste s’y est rendu afin d’y trouver son ennemi naturel. Il a découvert qu’il s’agissait de la coccinelle Rodolia cardinalis. Il en a expédié environ 500 par bateau en Californie, et en un an le fléau était pratiquement éradiqué. Les vergers d’agrumes ont été sauvés.


Une année dans la vie d’une coccinelle
Ce charmant coléoptère, de forme arrondie ou ovale, est bombé d’un côté et aplati de l’autre. Malgré sa voracité, il ne mesure, en règle générale, pas plus de 12 millimètres. Ses ailes antérieures, ou élytres, sont dures et luisantes. Elles protègent ses délicates ailes postérieures, servant au vol, et l’habillent d’une casaque chamarrée. Lorsqu’il vole, ses élytres sont ouverts et écartés. Souvent, on représente la coccinelle avec une robe rouge à pois noirs. En réalité, elle se décline en quelque 5 000 espèces aux couleurs et aux dessins variés : certaines sont orange ou jaunes à points noirs, d’autres sont noires à points rouges, un petit nombre affiche une couleur unie. Et on en trouve même à damiers ou à rayures.


Quantité d’espèces ont une durée de vie d’un an. En hiver, les adultes s’abritent dans un endroit sec où ils hibernent. Quand la température remonte, ils se réveillent et volent à la recherche de plantes infestées de pucerons. Après l’accouplement, la femelle dépose un paquet de minuscules œufs jaunes au revers d’une feuille, à proximité d’une bonne provision de pucerons. De chaque œuf éclôt une larve à six pattes qui a plus l’allure d’un petit alligator féroce que d’une future coccinelle. Comme la larve passe son temps à se gaver de pucerons, elle se trouve bien vite à l’étroit dans sa peau... qui craque. Après plusieurs mues, elle se fixe sur une plante et fabrique une enveloppe nymphale à l’intérieur de laquelle elle poursuit sa croissance. Finalement, une coccinelle adulte émerge. D’abord molle et pâle, elle reste sur la plante jusqu’à ce que son corps durcisse. En un jour, ses taches distinctives apparaissent.


Les ennemis apprennent à se garder de cette demoiselle aux couleurs voyantes. En effet, lorsqu’elle se sent menacée, elle fait gicler de ses articulations un liquide jaunâtre d’une odeur et d’un goût infects. Ses prédateurs, les oiseaux et les araignées, n’oublient jamais leur première rencontre, à coup sûr désagréable, avec elle. Sa livrée rutilante leur tient lieu de rappel constant.
Bête à bon Dieu ou diablesse ?
La coccinelle de Chine, une espèce employée initialement dans la lutte contre des ravageurs, se révèle être pour ainsi dire elle-même un ravageur. Dans sa région natale, l’Asie du Nord-Est, elle cohabite très bien avec les autres espèces. Comme elle est exceptionnellement friande de pucerons et d’autres parasites de végétaux, récemment on l’a importée en Amérique du Nord et en Europe. Malheureusement, en engloutissant toute la nourriture des coccinelles indigènes, elle est devenue une menace pour celles-ci. De plus, quand sa proie favorite vient à manquer — et quand ses ennemis naturels ne sont pas là pour réguler sa population —, l’ogresse se rabat sur les coccinelles locales et d’autres insectes utiles. Les entomologistes sont inquiets quant à l’avenir, car ils pressentent l’extinction de certaines espèces. Enfin, la coccinelle de Chine se gave de fruits mûrs prêts à être récoltés, et à l’automne elle envahit les maisons pour échapper au froid hivernal, ce qui achève de ternir sa réputation !


Quelques espèces encore s’attaquent aux précieuses cultures plutôt qu’aux insectes ravageurs. Mais, heureusement, la majorité des coccinelles font le bonheur des jardiniers.
Bienvenue, belle dame !
Comment attirer la coccinelle dans votre jardin ? En y mettant des plantes à fleurs indigènes, réserves prisées de pollen et de nectar. Un lopin de mauvaises herbes et un récipient d’eau peu profond l’encourageront également à s’installer. Si possible, n’utilisez pas de pesticides chimiques. Laissez des feuilles mortes sur les plantes ou sur le sol : elles lui offriront un nid douillet le temps de l’hibernation. Faites attention à n’écraser ni insecte ni œuf que vous trouvez dans votre jardin. Vous risqueriez de tuer la future génération de coccinelles.
Souvenez-vous que, grâce à quelques-unes seulement de ces jolies petites bêtes, vous pouvez protéger votre jardin des insectes nuisibles sans recourir à des pesticides nocifs. Si vous prenez soin d’elles, elles sauront vous le rendre.

 La coccinelle est un exemple parmi tant d’autres de la sagesse de notre Créateur. “ Que tes œuvres sont nombreuses, ô Jéhovah ! a écrit le psalmiste. Elles toutes, tu les as faites avec sagesse. La terre est pleine de tes productions. ” — Psaume 104:24.
Le terme “ coccinelle ” dérive du mot latin coccinus, qui signifie “ écarlate ”. L’appellation “ bête à bon Dieu ” daterait du Moyen Âge, du jour où un innocent aurait échappé à une exécution injuste grâce à une coccinelle posée sur son cou — un signe du bon Dieu...

5 votes. Moyenne 4.20 sur 5.

Ajouter un commentaire

Vous utilisez un logiciel de type AdBlock, qui bloque le service de captchas publicitaires utilisé sur ce site. Pour pouvoir envoyer votre message, désactivez Adblock.

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site

×