1970 : 21 Coups d'oeil

L’usage du tabac augmente

1970 : Malgré les avertissements concernant les effets nocifs du tabac, la consommation de cigarettes augmente dans le monde entier. Selon un rapport présenté le 30 septembre 1969 devant un comité de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture, en 1966 (dernière année pour laquelle les chiffres sont complets) on consomma dans le monde plus de 2,8 mille milliards de cigarettes. Ce chiffre représente une augmentation de 45 pour cent sur la consommation moyenne de 1955 à 1959 et indique un accroissement annuel de 70 000 000 000 de cigarettes fumées. En France, en 1968, on a fumé 63 milliards et demi de cigarettes, soit une augmentation de 4,9 pour cent sur 1967.

"L’alcoolisme, maladie sociale"

1970 : Tel a été le thème du troisième Congrès national sur l’alcoolisme tenu à Versailles, congrès qui a fait ressortir des faits notoires sur l’alcoolisme en France. On a souligné notamment que l’on compte dans ce pays quatre millions de "buveurs excessifs" et un million et demi à deux millions d’alcooliques. La sécurité routière tient l’alcool responsable de 40 pour cent des accidents de la circulation, tandis que les magistrats reconnaissent le rôle important qu’il joue dans l’accroissement de la criminalité. On a signalé que 67 pour cent des cancers de la cavité buccale, du pharyngo-larynx et de l’œsophage surviennent chez des alcooliques. La France est parmi les premiers pays du monde pour la mortalité par ces cancers. Il a également été souligné que, contrairement à ce qu’affirment certains, l’alcoolisme juvénile est en recrudescence depuis 1965, car beaucoup de jeunes se mettent à boire pour lutter contre leur anxiété, leur sentiment d’échec et de solitude, leurs frustrations affectives, et pour se sentir mieux intégrés à la "bande". En 1969, la France a détenu le record de l’alcoolisme avec une moyenne de consommation de 27 litres d’alcool pur par habitant. Commentant l’asservissement de nombreuses personnes à l’alcool et à la drogue, Le Figaro déclara : "Si les jeunes, mais aussi tant d’adultes, voire de vieillards, cherchent dans l’alcool ou la drogue un refuge ou une évasion, c’est qu’ils n’ont pas trouvé (...) dans le monde où ils ont à vivre, les valeurs et les joies qui font le prix de la vie. À la mort de Dieu, succèdent infailliblement ‘les paradis artificiels’."

Des protège-oreilles pour éléphants

1970 : Le Jardin zoologique du Safari Park de Windsor, est situé à peu de distance de l’aéroport de Londres. La première fois que quatre éléphants thaïlandais entendirent un avion à réaction, pris de panique ils renversèrent les clôtures du parc et s’enfuirent. Le directeur du jardin zoologique déclara par la suite : "Nous avons mis toute une journée pour les reprendre à grand renfort d’hommes et de camions. Il nous a fallu alors trouver un moyen de les protéger contre le bruit pendant qu’ils s’adaptent à leur nouveau milieu. Nous avons fini par leur fabriquer des protège-oreilles." On explique aux visiteurs que les éléphants portent des protège-oreilles non parce qu’ils ont froid, mais parce qu’ils ont du mal à s’habituer à la civilisation.

Des gens qui se portent bien aux grandes altitudes

1970 : La moitié, estime-t-on, des douze millions d’habitants du Pérou, vivent à une altitude de 4 570 mètres ou davantage. Presque tous les Boliviens habitent à une altitude analogue. Les Indiens qui vivent très haut dans les Andes sont capables de travailler dans les mines de cuivre à des altitudes de l’ordre de 5 000 mètres où d’autres personnes ont du mal à respirer, sans parler de se servir d’un pic ! Ces Indiens jouent au football et font de lourds travaux tout aussi bien que les gens vivant au niveau de la mer. Les crises cardiaques sont pour ainsi dire inconnues chez les millions de Péruviens qui habitent à une altitude de plus de 4 500 mètres, hauteur à laquelle beaucoup de pilotes utilisent de l’oxygène. Les visiteurs souffrent généralement de violents maux de tête, d’essoufflement, de vomissements et de saignements de nez.

Le danger des insecticides

1970 : Le DDT constitue-t-il un danger pour la vie ? Selon la revue U.S.News & World Report, le Dr Lamont Cole de l’Université Cornell a déclaré à ce propos : "L’Organisation mondiale de la santé envoya du DDT à Bornéo pour tuer les moustiques. Ce but a été atteint, mais l’insecticide ne tuait pas les blattes ; il s’accumulait dans leur corps. Les lézards qui vivaient dans les cases au toit de chaume mangeaient les blattes. Le DDT ralentissait les mouvements des lézards, si, bien que les chats les attrapaient sans difficulté. Cependant, d’après ce que l’on dit, les chats mouraient. Ces félins ayant disparu, les rats sont arrivés et, avec eux, les risques de peste. De plus, les lézards ayant disparu, les chenilles se sont multipliées dans les cases en se nourrissant du chaume. Les toits ont alors commencé à s’effondrer."

Le LSD donne envie de "voler"

1970 : Après avoir absorbé du LSD, un étudiant américain de vingt ans s’imaginait qu’il était capable de voler. Évidemment, lorsqu’il "décolla" du toit d’un immeuble de trois étages, il s’écrasa sur le sol et se tua. Selon les archives médicales de la ville de New York, on a enregistré une douzaine de décès analogues au cours des trois années écoulées. Toutes les victimes avaient absorbé du LSD.

La piqûre d’abeille

1970 : Les autorités en la matière disent que la piqûre d’une abeille, d’une guêpe ou d’un frelon peut être mortelle si elle n’est pas soignée. Les personnes qui, après avoir été piquées par un de ces insectes, souffrent d’une douleur continue, d’une sensation dans tout le corps, de douleurs dans les articulations et d’urticaire, devraient consulter un médecin sans tarder.

Les éruptions solaires

1970 : Le lieutenant-colonel Joseph Lambert, physicien américain, a dit ce qui suit concernant les éruptions solaires : "Il s’agit d’éruptions subites et imprévisibles dans une petite région du soleil. Elles donnent lieu à une augmentation énorme de l’intensité de la lumière et de la chaleur, qui provoque de curieux phénomènes. Elles perturbent les radiocommunications dans les régions de la terre éclairées par le soleil, déterminent des orages magnétiques, multiplient les rayons X dans la ceinture de radiations et envoient un jet de protons accélérés dans l’espace interplanétaire." Ce physicien de trente-neuf ans s’émerveille chaque fois qu’il regarde des photographies d’une éruption solaire. L’énergie dégagée par une éruption importante égale l’explosion d’un milliard de bombes à hydrogène. "C’est effrayant, déclara Lambert. On se sent tout petit. Chaque fois que je vois une grande éruption solaire je me dis : ‘Tu es peu de chose !’" C’est ce que tous les hommes feraient bien de se dire.

Qu’est-ce que le "menticide" ?

1970 : Celui qui absorbe un hallucinogène sous quelque forme que ce soit prend un risque "non calculé". Des médecins canadiens ont déclaré que de nombreuses personnes qui ont fait usage d’hallucinogènes sont aujourd’hui des malades incurables. Le Dr Conrad Schwarz, psychiatre consultant à l’université de la Colombie britannique, déclara : "Ces personnes — pour la plupart des jeunes gens d’une vingtaine d’années — manifestent tous les symptômes de la schizophrénie chronique. Elles sont incapables de s’occuper d’elles-mêmes. Nous avons inventé un nouveau mot pour désigner de tels cas : ‘menticide’, qui signifie ‘suicide mental’." Le Dr Schwarz dit que ces malades ne réagissent pas aux excitations extérieures et sont incapables de prendre des décisions ; puis il ajouta : "Ils me donnent, en ma qualité de médecin et psychiatre, un sentiment d’impuissance. Je me sens complètement désemparé devant eux."

Le problème des rats

1970 : On dit que les maladies propagées par les rats ont fait plus de morts que toutes les guerres de l’Histoire. Les céréales que ces rongeurs mangent et détruisent chaque année suffiraient pour nourrir 200 000 000 de personnes. On pense aussi qu’ils causent un incendie sur quatre d’origine inconnue. On les accuse de faire des dégâts en Amérique pour un milliard de dollars par an. Plus de 14 000 Américains, la plupart des enfants, sont mordus chaque année par des rats. Très prolifiques, ils peuvent se reproduire pendant n’importe quel mois de l’année. Une portée peut compter jusqu’à dix-sept petits.

Né toxicomane

1970 : Un enfant venu au monde au Centre médical de Tucson, est né toxicomane. Les parents du bébé devinrent héroïnomanes après la naissance de leur quatrième enfant. La mère déclara que pendant sa grossesse, si elle ne recevait pas une dose d’héroïne tous les deux ou trois jours, l’enfant commençait à donner de violents coups de pied. Après sa naissance, le bébé manifestait tous les symptômes classiques de la réaction à la privation d’héroïne : agitation, écoulement du nez et crampes abdominales ramenant les genoux jusqu’au menton. Au bout de quinze jours de traitement, l’enfant semblait guéri. Certains médecins pensent toutefois que les effets de pareille toxicomanie sont durables.

Les vertus du thé

1970 : Après avoir pratiqué trois cents tubages gastriques chez cent quatorze personnes et avoir suivi par radiographie l’évacuation de l’estomac, des médecins britanniques ont démontré que les repas riches en graisses sont entièrement digérés et évacués en cinq heures et demie s’ils ont été accompagnés d’eau chaude, et en quatre heures et demie seulement s’ils sont accompagnés de thé. Comme le thé est riche en fluor, il contribue aussi à préserver les dents de la carie. Le thé exerce une action cardiaque tonifiante grâce à la caféine, à la théophylline et la théobromine qu’il contient. Comme il n’apporte pas de calories, il est recommandé dans plusieurs régimes. Le thé est encore un bon diurétique et un excellent stimulant qui augmente la vivacité de l’esprit et améliore la rapidité des réflexes. Il se boit dans le monde 250 tasses de thé en moyenne par personne et par an. Les Britanniques sont les plus grands consommateurs de cette boisson avec 2 216 tasses absorbées par an, tandis que les Français n’en boivent que 24 tasses.

Une jeune fille déclarée morte vivait encore

1970 : Un fait divers survenu en 1970 en Angleterre a posé de nouveau le problème des critères de la mort et d’un diagnostic parfois extrêmement difficile à établir. En effet, une jeune fille iranienne domiciliée à Brighton, avait absorbé une dose massive de barbiturique. Elle présentait tous les signes de la mort clinique et avait été déclarée morte par le médecin de l’hôpital qui avait délivré le certificat de décès. À la morgue, probablement sous l’effet du froid, la jeune fille, qui était en réalité plongée dans un coma profond, fut agitée de soubresauts. Elle a pu quitter l’hôpital après cinq semaines de soins. Aujourd’hui, les critères de la mort sont basés sur divers signes cliniques et particulièrement sur le tracé plat de l’électro-encéphalogramme pendant un temps déterminé, considéré comme la preuve d’une inactivité du cerveau. Il apparaît toutefois que dans certains cas l’activité cérébrale peut être suspendue assez longtemps sans qu’il s’agisse d’un phénomène irréversible.

"Le miracle des roses"

1970 : En 1947, des milliers de pèlerins, venus du monde entier, se sont rendus à Stockport, en Angleterre, pour assister au "miracle des roses". Dans l’église Sainte-Marie ils ont défilé patiemment devant la statue de "Notre-Dame de Lourdes" qui portait une couronne de roses dont les pétales ne tombaient jamais, même quand les fleurs se fanaient. Le curé, James Turner, affirma qu’il s’agissait d’un miracle. Les pèlerins jetaient des dons d’argent à l’intérieur de la balustrade de l’autel, mais en 1950 on lança un appel pour de l’or dans le but de faire fabriquer une reproduction de la couronne de roses. Les fidèles répondirent généreusement à cet appel, donnant même des alliances et des montres en or. Une petite couronne en or fut placée sur la tête de la statue. Peu de temps après, le prêtre prit des vacances dont il ne revint jamais. Un ancien enfant de chœur et un fleuriste avouèrent que le "miracle" n’était qu’une supercherie, les pétales étant fixées aux tiges à l’aide de fils métalliques.

Le concubinage interdit à Hong-Kong

1970 : Une nouvelle loi adoptée par le conseil législatif de Hong-Kong en juillet 1970 interdit la pratique de l’ancienne coutume chinoise du concubinage. Cette loi dit : "Aucun homme ne peut prendre une concubine et aucune femme ne peut acquérir le statut de concubine." La nouvelle législation, qui entrera en vigueur en 1971, reconnaît le statut des concubines actuelles mais prive de tous leurs droits les femmes qui pratiqueront le concubinage à l’avenir. Quoique le concubinage tende à disparaître à Hong-Kong, beaucoup d’hommes ont encore une tsai (épouse) et une tsip (concubine).

Les mini-jupes et le viol

1970 : Un sondage effectué dans 63 villes des États-Unis révéla que 91 pour cent des agents de police pensent que les femmes portant une mini-jupe "sont plus susceptibles de se faire violer" ou d’être victimes d’autres crimes d’ordre sexuel. La Société canadienne pour la Sécurité affirma aussi que les jeunes filles qui portent des vêtements provocants risquent d’être victimes de ce genre de crime. En 1964, l’année où les jupes courtes commencèrent à être à la mode à Toronto, la police enregistra 63 cas de viol. En 1969, elle en enregistra 1 170, tandis qu’au cours des six premiers mois de 1970 il y en a eu 1 240.

Les amygdales, un organe utile

1970 : Selon un article paru dans L’Express (10-16 août 1970), des travaux récents ont attiré l’attention sur le fait que les amygdales sont constituées par du tissu lymphoïde, qui est un producteur actif de globules blancs, lesquels dévorent les microbes. Les amygdales jouent donc un rôle important dans la protection contre les maladies infectieuses. Parlant de leur ablation, le chef du service d’oto-rhino-laryngologie d’un grand hôpital parisien affirma que l’on "ne devrait jamais opérer sans des raisons très sérieuses". Le Dr Ogra, chef d’une équipe de pédiatres à l’hôpital Buffalo de l’université de l’État de New York, vient d’apporter les preuves, par une série d’expériences intéressantes, que les amygdales jouent un rôle décisif dans la formation des anticorps contre le virus de la poliomyélite. L’article précité dit entre autres : "Un virus n’est pas un microbe. Que les amygdales jouent un rôle spécifique dans la défense contre les virus est un fait nouveau. D’autant que rien ne prouve que cette action se limite au virus de la poliomyélite. En 1970, où les virus sont de plus en plus souvent accusés d’être à l’origine du cancer, rien n’interdit de penser que les amygdales jouent également un rôle protecteur contre la terrible maladie. Le Dr Ogra a parfaitement conscience qu’il s’agit surtout, pour le moment, d’hypothèses. Mais elles lui paraissent suffisamment fondées pour qu’on s’abstienne, en tout cas, d’enlever les amygdales au moindre prétexte."

Mesure contre les hippies au Népal

1970 : On communique de Katmandou en 1970 que le gouvernement du Népal a décidé de restreindre l’afflux des hippies étrangers dans cet État. Les visas des hippies ne seront pas prolongés et ceux qui resteront après l’expiration de leur visa seront expulsés. On a invité les hôteliers et les logeurs à ne pas héberger ces jeunes gens.

Du lait à partir du sang animal

1970 : Deux chercheurs du Texas ont trouvé un procédé permettant de transformer le sang animal en une substance qui a l’aspect du lait en poudre et un peu son goût. Elle renferme 50 pour cent de protéines. Ses inventeurs n’ont pas encore donné un nom à cette substance, mais ils disent qu’elle a de grandes possibilités puisque rien que l’année dernière on a jeté un million de tonnes de sang animal.

Les nouveaux gratte-ciel de 1970

1970 : Le premier des deux gratte-ciel du Centre international du Commerce (en construction à New York) est devenu le bâtiment le plus haut du monde. L’"Empire State Building" mesure 382 mètres ; le nouveau gratte-ciel l’a déjà dépassé et il atteindra à son achèvement 412 mètres. Œuvre d’un architecte américain d’origine japonaise, le Centre international du Commerce est un double parallélépipède de cent dix étages (l’Empire State Building en a 102) qui représente le new-look en architecture. Bientôt cependant, il sera dépassé à son tour, car à Chicago on est en train de construire pour la grande maison de vente par correspondance, Sears, Roebuck & Co., une tour de plus de 480 mètres de haut.

Un changement de personnalité

1970 : Selon une dépêche de l’United Press International de 1970, la fille de Philip Blaiberg a déclaré dernièrement que la personnalité de son père avait complètement changé par suite de la greffe du cœur qu’il avait subie. On se souvient que Blaiberg était l’un des premiers malades à subir une transplantation cardiaque. Sa fille déclara : "Je ne sais pas s’il faut attribuer ce changement aux médicaments ou à la transplantation elle-même ; en tout cas, il n’était plus le même homme."

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