1974 : 51 Coups d'oeil

Un avertissement qui n’a pas été écouté

Il y a quatre ans, U Thant, alors secrétaire général des Nations unies, déclara que les nations n’avaient peut-être plus que dix ans devant elles pour résoudre leurs problèmes. Aujourd’hui, N. Cousins, rédacteur du périodique World, soulève cette question : ‘Les conditions sont-elles meilleures ?’ Il fait remarquer que les dépenses militaires des nations ont augmenté de 20 pour cent. C’est, dit-il, “l’activité humaine la plus grande”. Alors que la population augmente, la superficie des terres produisant de la nourriture diminue. La pollution de l’air et de l’eau s’aggrave. Cousins déclare : “D’une façon générale, les dirigeants du monde n’ont pas pris au sérieux l’avertissement d’U Thant. Si, dans les quatre années à venir, il n’y a pas plus de progrès que durant les quatre années passées, il se peut que les sombres prédictions du Club de Rome [selon lesquelles l’homme se détruira lui-même] se réalisent plus tôt que prévu.”

Les bouteilles en plastique mises en accusation

1975 : Selon Le Figaro du 25 septembre 1974, le Dr Bernard Lafay a demandé au ministre français de l’Agriculture quelle décision il entendait prendre pour contrôler, sinon interdire, le conditionnement de boissons alcoolisées dans des bouteilles en polychlorure de vinyle, matière plastique rigide. Pourquoi ? Des études approfondies faites aux États-Unis ont établi que des phénomènes de "migration" du chlorure de vinyle toxique se produisent lorsque des boissons alcoolisées sont conditionnées dans ce genre de bouteilles. À la suite de ces études, l’administration des aliments et des produits pharmaceutiques du ministère américain de la Santé s’est prononcé pour une interdiction totale de l’emploi du polychlorure de vinyle (PCV) comme matière de conditionnement des boissons alcoolisées, y compris le vin. Cette position a été récemment renforcée par la publication à Lyon d’un rapport fait par un groupe international de travail sur le chlorure de vinyle. Ce groupe, réuni à l’appel du Centre international de recherche sur le cancer et composé de soixante spécialistes venus de 15 pays très industrialisés, a conclu sans équivoque au caractère cancérigène du chlorure de vinyle. C’est pourquoi, dans sa question écrite, le Dr Bernard Lafay déclara entre autres choses : "Le danger pour la santé publique est évident, d’autant que le chlorure de vinyle entre dans la catégorie des substances toxiques à effet cumulatif où la répétition des micro-doses aboutit à de graves dommages organiques, généralement irréversibles."

Un remède plus dangereux que le mal

1974 : Il y a quelques années, dans les hôpitaux américains on a commencé à utiliser la méthadone pour traiter et guérir les toxicomanes qui s’adonnaient à l’héroïne. Mais ce "remède" s’est révélé deux fois plus meurtrier que la drogue qu’il était censé remplacer. Selon un médecin du service de santé de New York, le Dr Dominick Dimaio, 181 personnes seraient mortes en 1973 des suites du traitement à la méthadone, tandis que l’héroïne en aurait tué 98 dans le même temps. Toujours selon ce médecin, 196 toxicomanes seraient morts après avoir absorbé de la méthadone en même temps que des calmants, de la cocaïne ou de l’alcool. Cependant, en 1974 , plus de 33 000 toxicomanes ont suivi un traitement à la méthadone à New York, contre 3 000 en 1970.

"Le courant qui endort"

1974 : C’est sous ce titre que L’Express des 16-22 septembre 1974 parle d’une découverte française : l’anesthésie par l’électricité, qui a l’avantage de supprimer les douleurs postopératoires. On savait depuis le début du siècle que certains courants électriques à haute et basse fréquence anesthésient. Cependant, cet endormissement par l’électricité n’était jusqu’à ce jour ni agréable ni aisé. Cette technique avait donc été rapidement délaissée, d’autant que l’anesthésie chimique était devenue la panacée des chirurgiens et reconnue irremplaçable. Aujourd’hui, on parvient facilement à anesthésier un sujet par des dosages savants de neuroleptiques, d’analgésiques, de curarisants et de tranquillisants. Cependant, on intoxique le patient. En effet, ces gaz produisent des toxines qui engorgent l’organisme de l’opéré à mesure que l’intervention qu’il subit se prolonge. Aux États-Unis, où le risque a été calculé, on a établi qu’un malade sur 10 000 ne se réveille pas. C’est pour ces raisons que le professeur Aimé Limoge, enseignant la physiologie à la faculté de chirurgie dentaire de Paris, a relancé l’électro-anesthésie. Il explique cette méthode en ces termes : "L’électro-anesthésie doit démarrer avec l’amalgame médicamenteux employé en anesthésie classique. (...) Après trente minutes, en moyenne, l’électricité assure le relais. Par trois électrodes (...) le courant circule (...). On procède par impulsions : 4 millisecondes de passage, puis 8 millisecondes de repos. On prolonge ce ‘sommeil’ pendant des heures, s’il le faut. Pour l’interrompre, on coupe le courant. Le patient se réveille aussitôt." L’électro-anesthésie testée avec succès depuis deux ans, a déjà permis près de 400 opérations graves. Quels sont ses avantages ? À l’exception des grands hypertendus, elle peut être reçue par n’importe quel patient, quel que soit son âge, sans précaution particulière. Elle facilite les interventions sur les malades dont l’organisme supporte mal les médicaments d’une lourde anesthésie générale. Enfin, elle efface toute sensation de douleur après l’opération, et cela pendant seize heures en moyenne, parfois quarante-huit heures. Cette méthode comporte cependant un mystère : on ne comprend pas encore comment elle parvient à endormir les malades ; on ignore sur quel centre nerveux agit l’orage soporifique qu’elle déclenche à la base du cerveau.

1974 en vision et dans la réalité

1974 : Les hommes ne sont pas en mesure de prédire l’avenir. En voici un exemple : le 6 juillet 1949, le journal Sentinel de Milwaukee (États-Unis) publia une "prévision" pour les vingt-cinq années à venir. Que prédisait-il ? "En 1974, les prix seront si bas que l’acheteur pourra sélectionner les choses qui lui plaisent sur le moment et s’en débarrasser aussi facilement qu’un vêtement de l’année précédente." Comparons cette prédiction avec la réalité. Le 6 juillet 1974, on a pu lire dans le New York Times : "La montée des prix des denrées alimentaires fait que les nations les plus pauvres — et les gens les plus pauvres de tous les pays — ont de plus en plus de difficultés à se procurer de la nourriture en quantité limitée et à trouver l’argent nécessaire pour satisfaire d’autres besoins pratiquement aussi vitaux."

Une plante africaine contre la bilharziose

1974 : La bilharziose est une maladie qui affecte environ 250 millions d’individus en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud. Elle est difficile à combattre, car la contamination se fait par l’eau, et les réinfections sont pratiquement inévitables. En effet, le schisostome excrété par l’homme ou l’animal infecté se transforme dans l’eau et parasite un escargot. De là il pondra des larves qui infecteront de nouveau l’homme. Pour lutter contre la bilharziose, il faut éliminer l’hôte intermédiaire, l’escargot. Les communautés pauvres de ces continents ne peuvent utiliser des produits chimiques trop coûteux. Mais le Dr Aklilu Lomma, de l’Université Hailé Sélassié d’Addis-Abeba, a découvert que les baies d’une plante africaine, Phytolacce decandia, fournissent une substance efficace dans la lutte contre la bilharziose. Ces baies ont à la fois des propriétés détergentes et sont toxiques pour les mollusques. Ainsi, lorsque les habitants d’un village les utilisent pour laver leur linge dans une rivière, les escargots meurent en aval. Cependant, les plantes n’en souffrent pas. En 1969, on a procédé à un essai dans le village d’Adoua. Dès 1971, l’incidence de la bilharziose avait diminué d’une manière spectaculaire, tombant de 50 à 15 pour cent. Le Dr Lomma envisage la fabrication d’un détergent auquel il serait ajouté la substance toxique de cette plante. Le coût peu élevé et la simplicité d’application de la substance permettraient ainsi aux villageois de se protéger sans avoir recours à une aide technique extérieure très coûteuse.

Un évêque terroriste

En 1974 , les communautés religieuses catholiques de Jérusalem ont été émues lorsqu’elles ont appris l’arrestation de Mgr Hilarion Capucci, vicaire patriarcal gréco-catholique de cette ville. Ce prélat était le chef de la communauté grecque catholique de Jérusalem. Après le schisme entre les orthodoxes et les catholiques au XIe siècle, une minorité de fidèles au Proche-Orient s’est rattachée à Rome pour former l’Église melkite ou gréco-catholique. Cette Église, quoique de rite oriental, est rattachée au Vatican. Mgr Capucci, qui détenait un passeport de l’État du Vatican, se servait de sa voiture diplomatique pour transporter des pays arabes en Israël des armes, des explosifs et de l’argent pour le compte des feddayine. En effet, les autorités israéliennes ont trouvé dans sa voiture et dans sa villa des pains de dynamite, des mitraillettes, des grenades, des revolvers et toute la panoplie du parfait terroriste. Le patriarche melkite Maximos V Hakim a pris la défense de l’évêque arrêté. Il a déclaré : “S’il a cru devoir faire ce qu’on lui reproche, c’est peut-être parce que ces actes illégaux selon les Juifs, ne le sont pas selon le point de vue arabe.” Étranges propos de la part d’un prélat ! Commentant cet incident, L’Express a écrit : “C’est un vieux débat : les mêmes actes peuvent faire qualifier un homme de patriote par les uns, de terroriste par les autres. Le nouveau dans cette affaire est que la personne mise en cause est un homme d’Église. Un homme qui devrait porter des paroles de paix.”

Les vieillards

1974 : Un rapport publié par l’Organisation mondiale de la santé affirme que les personnes âgées dans les nations pauvres sont moins à plaindre que celles des nations dites avancées. Pourquoi ? C’est qu’en général les pays en voie de développement accordent plus d’importance aux vieillards. Chaque famille s’occupe de ses personnes d’âge avancé. En revanche, dans les pays dits développés, on oblige souvent les personnes âgées à prendre leur retraite et à compter sur l’État pour subvenir à leurs besoins. Le rapport déclare qu’on devrait permettre aux gens âgés de travailler aussi longtemps qu’ils en sont capables.

Sauvée par la guerre

1974 : D’après le journal égyptien Al Ahram, le président Sadate, chef de l’État égyptien, avait révélé que son pays avait connu à la veille de la guerre d’octobre 1973 contre Israël "une situation économique extrêmement difficile" et que ce conflit avait sauvé l’Égypte de la "banqueroute totale". Il a déclaré : "Notre situation économique avait atteint le point zéro, et j’ai été contraint de convoquer les membres du conseil de sécurité égyptien, six jours avant la guerre, pour leur dire que nous n’avions d’autre solution que de faire la guerre, sinon, nous n’aurions pas été en mesure de fournir à notre peuple son pain quotidien cette année." Le président Sadate a précisé qu’avant la guerre d’octobre 1973, "l’Égypte dépensait 250 millions de dollars par mois pour son armée". Il a ajouté que la guerre avait été payante et que l’économie égyptienne avait été sauvée grâce à l’aide de "500 millions de dollars fournie par nos frères arabes".

Épidémies de choléra

1974, plusieurs centaines de cas de choléra, dont certains mortels, ont été enregistrés au Portugal. Pendant quelques semaines, le gouvernement espagnol a interdit les importations de fruits et de légumes venant du Portugal, et le personnel frontalier a été vacciné par mesure de précaution. Le choléra a également sévi au Bangladesh, par suite des graves inondations qui ont détruit huit cent mille habitations et tué vingt-deux mille têtes de bétail. D’après les estimations, il y a eu près de trois mille morts humains. Ce pays doit également faire face à la famine. Des fournitures médicales ont été expédiées d’urgence de Suisse et de Malaisie, et le Programme mondial pour l’alimentation, patronné par l’ONU, s’efforce de soulager la disette.

Épidémie de méningite au Brésil

1974 : Le ministre brésilien de la santé publique a révélé qu'entre janvier et septembre 1974, plus de dix mille cas de méningite cérébro-spinale ont été enregistrés au Brésil, et que plus de mille des malades ont succombé. La maladie n’avait d’abord touché que la région de São Paulo, mais elle s’est rapidement étendue au reste du pays. Le microbe responsable de cette épidémie se loge dans le rhinopharynx de l’homme. L’infection se propage par les sécrétions nasales. La région du monde où les épidémies de cette maladie sont les plus fréquentes et les plus graves comprend le Soudan, le Niger, le Tchad, le Nigeria et la Haute-Volta, où, au cours des dernières années, elle a provoqué plus de 120 000 morts. Cette infection, qui ne cause normalement qu’une banale rhinopharyngite, peut atteindre les méninges lorsque les conditions d’hygiène sont mauvaises. En effet, au Brésil, c’était surtout les enfants des "bidonvilles" autour des grands centres urbains qui ont été touchés. Le manque d’hygiène, la promiscuité et la sous-alimentation se sont conjugués pour propager cette épidémie.

Derrière le conflit en Irlande

1974 : La guerre civile en Irlande dure déjà depuis plusieurs années. Pourquoi se poursuit-elle ? Le journal américain Record Reporter de Phoenix avance l’explication suivante : "C’est l’une des tragédies de notre époque que deux éléments importants de la foi chrétienne, l’Église catholique et les Églises protestantes, ne soient pas disposés à coexister fraternellement en Irlande. (...) L’un et l’autre ont recours à la loi de la jungle, n’hésitant pas à tuer des femmes et des enfants. C’est une tragédie encore plus profonde que les ecclésiastiques de part et d’autre ne soient pas capables d’inciter leurs fidèles à suivre les préceptes fondamentaux de la foi chrétienne. (...) Nous ne pouvons qu’espérer que ceux qui participent à ces combats sanglants feront une trêve assez longue pour leur permettre de relire la Bible."

Du courrier "réexpédié"

1974 : Vers la fin du mois de juin dernier, la justice italienne a dû ordonner l’ouverture d’une enquête au sujet de la livraison du courrier. En effet, le personnel des postes italiennes se trouve depuis plus d’un an complètement débordé, si bien qu’il y a un retard considérable dans le tri et la livraison du courrier. Certaines lettres mettent jusqu’à deux mois pour parvenir à destination, tandis que d’autres n’arrivent jamais ! C’est au sujet de ces dernières que l’enquête a été ouverte. Or, d’après une dépêche de l’agence Reuter, "la police a découvert jusqu’à présent 1 tonne de papier à Bergame et a mis la main sur les restes d’une quantité importante de lettres recommandées, carnets de pensions et autres objets confiés aux postes italiennes. Selon la police, il est probable que des sacs entiers de courrier passant en transit par la gare de Milan ont été transformés en pâte à papier". Commentant cette nouvelle, Le Monde a écrit : "Les postes italiennes ont en tout cas fait savoir à propos de la transformation du courrier en pâte à papier qu’il devait s’agir d’une ‘fâcheuse erreur’." En effet, c’est là une façon singulière de réexpédier le courrier !

"Médecins à pieds nus" en Chine

1974 : Selon des statistiques publiées par le Bureau de la santé publique de Chang-hai, l’espérance de vie des Chinois est aujourd’hui de 70 ans environ, alors que dans les années 1930 elle n’était que de 40 ans. Cette progression est attribuée en partie, et surtout dans les campagnes, aux efforts de plus d’un million de chijiao yisheng ou "médecins à pieds nus". Il s’agit d’ouvriers qui reçoivent pendant plusieurs mois une formation médicale leur permettant de soigner les maladies bénignes et les blessures sans gravité. Ensuite, de retour dans leur entreprise, ils suivent continuellement des cours d’enseignement médical. D’après le périodique La Chine reconstruit, en 1973, 65 pour cent des consultations externes ont été assurées par des chijiao yisheng. Bien entendu, les cas graves sont traités par des médecins professionnels et des spécialistes.

L’apprentissage de la vue

1974 : D’après le journal Medical Tribune, le Dr Strampelli, de l’hôpital San Giovanni de Rome, a fait recouvrer la vue à presque 300 malades. La technique consiste à placer sur la cornée de l’œil une lentille acrylique encastrée dans un "châssis" de dentine (ivoire des dents), afin de neutraliser le phénomène du rejet d’un corps étranger. L’article précise que ceux qui sont aveugles de naissance ou depuis des années "doivent apprendre à voir, tout comme un nouveau-né, à reconnaître une fourchette, un couteau, etc.". L’apprentissage de la vue est particulièrement difficile pour les intellectuels. Souvent, ils continuent d’agir comme s’ils étaient toujours aveugles, et certains font une dépression. Chez eux, la "rééducation" peut demander un an.

Crimes non signalés

En 1974, on a publié aux USA des statistiques qui donneraient à penser que la criminalité est en régression dans ce pays. En effet, le nombre des crimes signalés à la police a légèrement diminué. Faut-il en conclure qu’il y a effectivement une baisse dans le nombre de forfaits et de délits, ou bien est-ce que les victimes sont, pour une raison ou pour une autre, moins empressées de les signaler ? D’après un sondage, la seconde explication serait la bonne. Cette enquête, menée dans huit grandes villes par le ministère américain de la Justice, a révélé que plus de deux fois le nombre des crimes signalés avaient été commis. Interrogées, nombre de victimes ont déclaré soit qu’elles ne croyaient pas que la police puisse faire quelque chose pour les aider, soit qu’elles avaient gardé le silence pour ne pas être dérangées davantage. Un porte-parole de ce ministère a avoué que "le public ne semble pas avoir grande confiance dans les institutions assurant le maintien de l’ordre et permettant de réprimer les infractions".

Succédanés du pétrole

1974 : La Compagnie sud-africaine du charbon et du gaz fait fonctionner depuis 1955 une usine qui produit du pétrole à partir du charbon. Elle passe pour la seule usine de ce genre au monde qui soit commercialement rentable. En 1973, elle a produit du pétrole, du gaz et des produits chimiques pour une valeur de 295 millions de dollars, et elle a réalisé un bénéfice. Le charbon est réduit en poudre et mélangé avec de l’oxygène et avec de la vapeur sous pression. Des ingénieurs d’autres pays se rendent actuellement en Afrique du Sud pour étudier cette méthode de production. En effet, depuis la crise du pétrole, bien des nations envient l’Afrique du Sud, dont 80 pour cent des besoins en énergie sont couverts par le charbon à l’état brut ou converti en gaz et en pétrole. Quant aux États-Unis, l’Agence pour la protection de l’environnement a affirmé que les détritus à présent inutilisés pouvaient chaque année produire de l’énergie qui équivaudrait à 150 millions de barils de pétrole. Cela suffirait pour éclairer pendant une année tous les foyers et les immeubles de commerce des États-Unis.

Paris-Boston en trois heures

1974 : L’avion supersonique franco-britannique Concorde a effectué en 1974 un vol aller et retour Boston-Paris-Boston (environ 11 000 kilomètres) en 5 minutes de moins que ne met un avion de ligne classique pour un aller simple. Le voyage aller et retour, y compris l’escale à Paris, a duré 7 heures 38 minutes. Mais le temps de vol effectif a été de 6 heures 18 minutes, 3 h 10 à l’aller et 3 h 8 au retour. Quelques jours auparavant, Concorde avait relié Boston à Miami (plus de 2 200 kilomètres) en 1 heure 15 minutes. Ce vol a démontré que cet avion pourra être exploité à des vitesses supersoniques par les compagnies américaines qui desservent les principales villes sur les côtes est et ouest des États-Unis, puisqu’il pourra survoler la mer, pour éviter que le "bang" qu’il provoque lorsqu’il franchit la vitesse du son ne se produise au-dessus des terres. Ainsi, les Franco-Britanniques gardent l’espoir de vendre leur appareil aux Américains.

Problèmes de famille chez les Juifs

1974 : De 1900 à 1965, le nombre de Juifs américains qui se sont mariés à des non-Juifs est passé de 1 à 10 pour cent. À présent, environ un Juif sur trois contracte un mariage mixte. Comme le même phénomène se produit ailleurs, le grand rabbin des îles Britanniques craint que si cette tendance devait continuer, la race juive ne s’éteigne. Il a déclaré : "Le cancer le plus redoutable est sans douleur. (...) Les mariages mixtes sont un véritable fléau." De son côté, le Conseil des rabbins de New York a décidé d’exclure les rabbins qui célèbrent des mariages mixtes. Le président de ce Conseil a affirmé que pour préserver la communauté juive, "les ménages juifs devraient avoir au moins trois enfants, (...) et s’il y en avait plus, ce ne serait que mieux". Cette inquiétude est-elle uniquement d’ordre religieux ? Non, s’il faut en juger d’après la remarque d’une Juive australienne, qui a déclaré que son mari athée "serait très fâché si ses enfants ne se mariaient pas à des Juifs, mais non pour des raisons religieuses".

Coup manqué

1974 : D’après un rapport publié dernièrement, le 10 août 1972, un météore pesant mille tonnes et mesurant quatre mètres passa dans le ciel au-dessus du Canada et des États-Unis. Il a "frôlé" notre planète à une altitude d’environ 60 000 mètres et à une vitesse de plus de 50 000 kilomètres à l’heure. Son parcours a été enregistré par un satellite de l’armée de l’air américaine. Un expert a déclaré que si ce météore avait heurté la terre, il aurait produit une explosion comparable à celle d’une petite bombe atomique.

1973 : Temps capricieux

1974 : D’après un rapport publié par l’Organisation météorologique mondiale, l’année 1973 a été très capricieuse du point de vue météorologique. Suivant les régions de la terre, elle a battu des records à la fois de chaleur, de froid, de pluie et de sécheresse ! Les pays les plus touchés par la sécheresse sont ceux du Sahel africain, où les pluies ont été très inférieures à la moyenne. Mais d’autres pays encore ont connu une pluviosité insuffisante. Il en a été ainsi de la Hongrie, de la Grande-Bretagne, de l’Iran, du Japon, du Chili, de la Nouvelle-Zélande, des Antilles françaises et de la Nouvelle-Calédonie. Par contre, des régions de l’Inde et du Pakistan, Hong-Kong, l’Australie, l’Argentine et l’Italie ont eu des pluies diluviennes. D’autre part, des régions tempérées des États-Unis, telles que l’Alabama et la Caroline du Sud, ont été recouvertes de soixante centimètres de neige, ce qui ne s’était pas vu depuis plus d’un siècle et demi.

Le rôle de l’armée en Chine

1974 : Sous le titre "Vive la violence révolutionnaire !", l’organe communiste chinois Quotidien du peuple a publié au mois de mai 1975 un article où l’on pouvait lire : "Les activités de Lin Piao pour s’emparer du pouvoir dans le parti et semer le trouble dans l’armée n’ont pas causé le moindre dommage à cette dernière. L’armée populaire de libération que le grand dirigeant, le président Mao, a fondée et dirigée en personne est le ferme pilier de la dictature du prolétariat, elle constitue une garantie pour prévenir une restauration capitaliste, elle est une grande muraille d’acier pour protéger la patrie socialiste. En soutenant l’industrie, l’agriculture et les forces de la gauche, en assurant le contrôle et l’instruction militaires, elle s’est acquis de nouveaux mérites auprès du peuple." Les Chinois sont d’autre part exhortés à "prendre modèle sur l’armée".

La drogue en URSS

1974 : Les journaux soviétiques ne font presque jamais mention des problèmes de la toxicomanie en URSS. Mais dernièrement le Bulletin officiel du Soviet suprême a publié le texte d’un décret intitulé "Renforcement de la lutte contre la toxicomanie". Cette nouvelle loi aggrave considérablement les peines prévues contre les trafiquants de drogue. Désormais, ceux qui s’adonnent à la drogue seront passibles d’une amende de 50 roubles (335 francs français) et seront obligés de se faire soigner dans des établissements spécialisés. La culture et l’ensemencement illégal du pavot et du chanvre comporteront des peines de cinq ans de prison. La peine sera la même pour l’incitation à la toxicomanie, mais elle pourra aller jusqu’à dix ans en cas de récidive ou d’incitation de mineurs. Quant aux trafiquants de drogue, les récidivistes pourront se voir infliger quinze ans de prison ainsi que la confiscation de leurs biens s’ils se procurent de la drogue en ayant recours à la violence. Ainsi, bien que l’Union soviétique prétende que la toxicomanie est "une maladie typique de la société capitaliste", ces nouvelles mesures légales démontrent, si besoin était, que le "paradis communiste" est également touché par ce fléau.

Extinction d’espèces

1974 : D’après le Dr Ian McTaggart Cowan, professeur à l’Université de Colombie britannique, le nombre des espèces d’oiseaux et de mammifères est en train de diminuer à raison d’environ une espèce par an. Il affirme qu’en 1600 il y avait environ 4 226 espèces de mammifères ; 36 de ces mammifères sont aujourd’hui disparus. Des 8 684 espèces d’oiseaux qui existaient alors, 94 n’existent plus à l’heure actuelle. Il considère que l’homme est principalement responsable de cette diminution du nombre des espèces. Des 83 espèces de poissons qui sont actuellement menacées d’extinction, 46 pour cent le sont à cause de la construction de barrages, de la pollution et des insecticides. La crise monétaire internationale ayant fait monter la valeur de l’ivoire, on craint que les troupeaux d’éléphants en Afrique ne viennent à être décimés.

Les conséquences de la guerre chimique au Viêt Nam du Sud

1974 : L’Académie nationale des sciences américaine estime, dans un rapport, qu’il faudra peut-être un siècle pour réparer les dégâts causés au Viêt Nam du Sud par l’usage de produits chimiques. Les herbicides qui ont été utilisés pendant dix ans par les Américains ont causé des dommages considérables aux forêts de l’intérieur, détruit 36 pour cent des mangroves (forêts côtières) et très probablement fait mourir des enfants des zones montagneuses. En dix ans, il a été consommé l’équivalent de 3 kilos de produits chimiques par habitant. Plus de 2 200 000 hectares, soit un septième de la superficie du pays, ont été ainsi "traités".

La crise de l’énergie remet dans le vent ballons et montgolfières

1974 : Depuis quelques mois, et la crise de l’énergie y est sans doute pour quelque chose, on reparle beaucoup de l’aérostation. Au début de l’année, des spécialistes de tous les pays, réunis à Londres, ont étudié la possibilité de construire de nouveaux dirigeables. De leur côté, les Soviétiques projettent de construire un engin propulsé par l’énergie nucléaire qui serait capable de transporter 1 800 passagers ou 180 tonnes de fret. Charles Dollfuss, pionnier de l’aérostation âgé maintenant de 81 ans, considère que l’avenir de l’aérostation réside dans l’utilisation économique des dirigeables. Dans une interview parue dans Le Figaro du 9 avril 1974 il déclara : "Ils ont mauvaise réputation depuis les deux accidents qui ont stoppé leur activité avant la guerre. On oublie que le ‘Graf Zeppelin’ a couvert 1 500 000 kilomètres et transporté 50 000 passagers sans le moindre incident. C’était un paquebot volant de 180 mètres de long, offrant une salle à manger, un salon de musique, un promenoir. Grâce aux progrès de la technologie, il serait possible d’améliorer considérablement ce type d’engin." André de Saint-Sauveur, nouveau pionnier de l’aérostation, qui a mis à l’étude un projet d’aéronef allégé de 80 mètres de long, énumère avec enthousiasme les avantages du dirigeable : "C’est le véritable autocar du ciel. Il peut survoler à basse altitude et à vitesse réduite n’importe quelle région, et stopper où bon lui semble. (...) Ils [les dirigeables] peuvent devenir les routiers du ciel. Il est possible de fabriquer des engins d’une capacité de levage de 500 tonnes pour transporter les grosses masses indivisibles." Peut-être verrons-nous de nouveau évoluer dans le ciel les ballons libres, montgolfières et autres aéronefs.

Les hamsters et la méningite

1974 : Selon le Républicain Lorrain du 12 mars 1974, le ministère ouest-allemand de la Santé a lancé une mise en garde contre les dangers que peuvent représenter les hamsters dorés, petits rongeurs d’Europe centrale et d’Alsace qui accumulent légumes, fruits et graines dans leurs terriers et qui sont parmi les animaux favoris des enfants. Toujours selon le ministère de la Santé d’Allemagne fédérale, certains hamsters sont porteurs d’un virus, notamment au cours des trois premiers mois de leur vie, qui peut provoquer la méningite chez les humains.

Le "streaking", exhibitionnisme de groupe

1974 : C’est sous ce titre que le journal Le Monde des 17-18 mars 1974 parle d’un ‘étrange virus qui semble avoir saisi des milliers de jeunes Américains pratiquant avec délectation et dans l’exubérance une sorte d’exhibitionnisme de groupe’, qui consiste à se montrer entièrement nu dans la rue. Des jeunes gens surgissent entièrement nus, traversent la voie publique en courant et se faufilent à travers les voitures, sans laisser aux badauds ébahis et choqués le temps de réagir. D’où le nom de "streaking" (du verbe "to streak" : filer comme l’éclair). En mars dernier, treize jeunes Américains ont importé ce "jeu" à Paris en traversant, entièrement nus, la pelouse sous la tour Eiffel au pas de course, avant de gagner des voitures à bord desquelles ils ont disparu. Cet exhibitionnisme de groupe a suscité des commentaires très divers. Un spécialiste de la "communication" déclara : "Le ‘streaking’ est une forme d’assaut." Selon un psychiatre de L’université Columbia, "c’est un défi aux normes culturelles acceptées". D’après un de ses collègues de Yale, il s’agit surtout "d’un défi à l’autorité et une tentative de la ridiculiser". Pour un autre professeur de l’université américaine Yale, "la sécurité nationale n’est pas menacée" !

Babylone sera-t-elle reconstruite ?

1974 : Conformément à la prophétie biblique d’Ésaïe 13:19, 20, qui avait annoncé : "Babylone, la parure des royaumes, (...) ne sera jamais habitée, et elle ne résidera point de génération en génération", cette ville est actuellement un monceau de ruines rarement visitées par les touristes. Dans ce site historique, quelques corneilles seulement viennent troubler de leurs cris le silence qui enveloppe les restes de la ville glorieuse. Le gouvernement irakien est décidé à reconstruire Babylone, afin de satisfaire les touristes actuellement trop déçus. En effet, il n’y a rien à voir en réalité. Les Irakiens ont lancé un appel à l’étranger pour financer les travaux. Mais ils ne semblent pas avoir été entendus. Toutefois, le gouvernement compte aller de l’avant par ses propres moyens. M. Tarik al-Naim, directeur-adjoint des antiquités et archéologue, déclara : "Si nous travaillons dur, nous pourrons restaurer la majeure partie de Babylone en cinq ans." Les Irakiens auront-ils plus de succès qu’Alexandre le Grand ?

L’extension des déserts

1974 : En raison de la sécheresse inhabituelle que connaissent les pays africains de la zone sahélienne, au sud du Sahara, on reparle de l’extension des déserts et de ses causes. Par exemple, le Sahara s’étend chaque année d’environ cinquante kilomètres vers le Sud. Certes, il y a un réchauffement général de la Terre. Cependant, cette extension est également due à de graves erreurs commises par les hommes dans l’exploitation des sols. Parlant des commentaires des experts de l’Organisation mondiale pour l’agriculture et l’alimentation, La Tribune et le Progrès du 13 février 1974 écrivit : "Ils se sont accordés pour dénoncer le mode d’exploitation le plus général de la savane. La culture extensive (...) repose sur le brûlis, les champs étant ensuite abandonnés à une longue jachère. (...) On a dénoncé également le surpâturage et notamment celui de la chèvre qui ne s’en tient pas à la consommation des feuilles comme les bovidés et réussit fort bien l’arrachage des plantes et l’utilisation alimentaire de leurs racines." Il est donc incontestable qu’à cause d’un défrichage excessif et d’une augmentation inconsidérée du cheptel, les hommes ont largement contribué à la détérioration des sols, donc à l’extension des déserts.

Le pipeline subaquatique le plus profond du monde

1974 : Pour amener le gaz néerlandais en Suisse, on a procédé à la mise en place d’un pipeline de 98 kilomètres de long, immergé dans le lac Léman à 310 mètres de profondeur. C’est le plus profond du monde. Après les différentes soudures faites à terre et sur une barge spécialement équipée, le tuyau a été contrôlé par radiographie et ultrasons. Puis chaque élément a été essayé à l’eau et à l’azote sous une pression de 150 bars. En outre, un contrôle visuel a été effectué sur toute la longueur du pipeline. Pour cela, on a utilisé un minuscule sous-marin. Deux sphères-habitacles, à l’usage des plongeurs, étaient accrochées à son compartiment cylindrique contenant les réserves d’air et d’oxygène et portant les moteurs.

"La route la plus ambitieuse du monde"

1974 : C’est ainsi qu’a été qualifiée la Transamazonienne, qui relie désormais l’Atlantique brésilien à la Cordillère des Andes péruviennes. Elle a été inaugurée en janvier 1974 par le président du Brésil. La jonction entre les deux équipes de travailleurs parties respectivement de l’est et de l’ouest a été réalisée le 15 décembre, achevant ainsi une percée de quelque 5 400 kilomètres dans des régions inexplorées. Les travaux avaient débuté en août 1970. En réalité, cette route ne franchit jamais l’Amazone, mais longe le fleuve sur des centaines de kilomètres et enjambe huit de ses affluents. Cette route est en terre battue sur la majeure partie de son tracé ; elle ne sera asphaltée que lorsque la circulation atteindra environ 600 véhicules par jour.

"Société de consommation"

1974 : Voici ce qu’on pouvait lire sous ce titre dans le Sélection du Reader’s Digest de février 1974: "Un fermier de Balkhausen (Allemagne) a apporté une innovation dans ce que l’on pourrait appeler ‘la campagne pour la cueillette des fruits par le consommateur’. Il loue à l’année des pommiers aux citadins qui peuvent venir s’asseoir en famille sous ‘leur’ arbre quand bon leur semble. Libre à eux également de cueillir ou non les pommes. Une seule annonce passée dans un journal local a permis de louer 1 200 pommiers."

Les épidémies parmi les pauvres

1974 : L’Organisation mondiale de la santé a rapporté plus de 90 000 cas de variole le 7 août 1973, soit le double du nombre de cas rapporté à la même période de l’année précédente et le chiffre le plus élevé depuis qu’a commencé, en 1967, le programme visant à la faire disparaître. Le Bengladesh, l’Éthiopie, l’Inde et le Pakistan sont les pays les plus touchés. On estime également qu’en Afrique tropicale, au Guatemala, au Mexique, au Venezuela et dans d’autres pays, quelque 20 000 000 d’individus souffrent de l’onchocercose. Des vers très fins, vivant dans la peau des individus, "provoquent, selon le World Health, des démangeaisons si cruelles qu’elles poussent au suicide". Ces vers pénètrent également dans les yeux, provoquant finalement la cécité. Dans le bassin de la Volta, en Afrique occidentale, environ 70 000 personnes sur les dix millions d’habitants sont frappées de cécité et ne fournissent aucun travail productif.

Les effets des vols spatiaux sur l’homme

1974 : Si l’on en croit les trois astronautes de Skylab-3, un séjour prolongé dans l’espace pourrait provoquer chez l’homme certaines modifications physiologiques et même des changements psychologiques. Comme leurs prédécesseurs, ils ont trouvé leur nourriture fade. Certains tests ont été faits pour mesurer leurs qualités gustatives. Ainsi, dans la plupart des cas, les trois hommes n’arrivaient pas à faire une distinction entre un morceau de papier sucré, salé, aigre, amer, à l’oignon ou à l’orange. Ils ont aussi affirmé que leur séjour prolongé dans l’espace avait modifié leur perception du monde et leur conscience d’eux-mêmes. William Pogue, par exemple, a déclaré : "Ma vie spirituelle va changer ainsi que la vision que j’ai de mes semblables. J’ai essayé jusqu’à présent de fonctionner comme une machine, cela ne m’a pas réussi." De son côté, Gerald Carr a dit : "Je pense que ce séjour a agrandi ma conscience de tout ce qui se passe."

La vie commence dès la conception

1974 : Le 1 er octobre 1973, dans une communication à l’Académie des sciences morales et politiques à Paris, le professeur Lejeune a parlé des premières manifestations de vie de l’embryon humain et de leur importance. Pour lui, l’être humain existe dès la rencontre du spermatozoïde et de l’ovule. Il déclara entre autres choses : "Le début de l’être remonte très exactement à la fécondation, et toute l’existence, des premières divisions à l’extrême sénescence, n’est que l’amplification du thème principal. Le minuscule embryon au sixième ou septième jour de sa vie, avec tout juste un millimètre et demi de taille hors tout, est déjà capable de présider à son propre destin." Il expliqua ensuite qu’à trois semaines, le cœur bat, à un mois l’embryon mesure 4,5 millimètres. Il a des ébauches de membres, de tête, de cerveau. À soixante jours, il tiendrait replié dans une coquille de noix. Cependant, ajoute le professeur Lejeune, "tout est constitué (...). Avec un microscope, vous déchiffrez ses empreintes digitales. L’incroyable Tom Pouce, l’homme moins grand que le pouce, existe réellement ; non point celui de la légende, mais celui que chacun de nous a été".

Les sapins de Noël

1974 : C’est d’Angleterre que nous vient la coutume des arbres de Noël (sapins ou autres). Elle a été exportée vers le milieu du dix-neuvième siècle. Depuis, elle a fait le tour du monde. Dans les pays de l’hémisphère sud, en Amérique latine par exemple, on saupoudre aussi de neige les sapins de Noël alors que l’on est en plein été. Cette coutume est très meurtrière pour les forêts déjà bien menacées par la société moderne, peu soucieuse de l’équilibre de la nature. Ainsi, on a estimé qu’en France les fêtes de Noël 1973 ont contribué à l’arrachage de 17 millions d’arbres, en majorité de jeunes sapins, ceci pour décorer les appartements, les rues, les magasins et les églises. Il faut encore ajouter plus d’un million d’arbres qui ont été arrachés illégalement dans les forêts, surtout autour de Paris. La forêt française, en régression, pourra-t-elle longtemps supporter cette ponction qui s’ajoute à tant d’autres ?

Le pont le plus long d’Europe

1974 : Le mardi 30 octobre 1973, M. Korutürk, président de la République turque, a inauguré le pont qui enjambe le Bosphore, reliant ainsi l’Europe et l’Asie entre Istanbul et Uskudar. Ce pont, achevé en trois ans et demi, est soutenu par un énorme câble porté par deux piliers élancés. À ce câble est suspendu le tablier, long d’un kilomètre, qui surplombe d’un seul jet le Bosphore de 65 mètres, ce qui permet aux plus hauts navires de passer sans difficulté. Ce pont est appelé à connaître un trafic intense, car il assure une liaison aisée entre Istanbul et le reste de la Turquie. Il permettra aussi le développement des liaisons entre l’Europe et l’Asie, notamment celui du tourisme automobile européen vers la Turquie, le Proche-Orient, l’Iran et l’Inde.

Vos chaussures et votre anatomie

Un article paru dans Le Monde du 2 janvier 1974 révèle à quel point il est important de savoir choisir ses chaussures. Cela est surtout vrai des chaussures pour femmes qui varient considérablement d’une mode à une autre. Il ressort du constat établi par les docteurs Jean Goteux et Jean-Philippe Dubois que l’on ne porte pas impunément n’importe quelle chaussure. La preuve en est les déformations, souvent irrémédiables, du pied, les inflammations et autres douleurs dont souffrent surtout les femmes. Selon ces médecins, un talon de chaussure ne devrait jamais dépasser 5 centimètres, sinon il provoque un glissement du pied qui modifie ses points d’appui normaux vers l’avant. Il en résulte le plus souvent ce qu’on appelle un "oignon", c’est-à-dire une orientation défectueuse du gros orteil qui, ne trouvant pas sa place, pointe vers le dehors au lieu de rester dans l’alignement du bord interne du pied. Si la chaussure est étroite et pointue, les orteils butent sur le bout de celle-ci et se recroquevillent. Le port de chaussures trop étroites, pointues et à talon trop haut provoque des douleurs locales, mais aussi des douleurs et des arthroses de la colonne vertébrale, en raison du mauvais équilibre du squelette. On peut imaginer les dégâts que provoquent aujourd’hui les chaussures-échasses à semelle et à talon énorme ainsi que les chaussures à semelle compensée. Le pied ne peut se plier normalement ni se dérouler d’avant en arrière. Il en résulte une démarche lourde, mais aussi des entorses et des chutes avec fractures diverses !

Le "peuple des rues" aux États-Unis

1974 : De Miami à Vancouver défilent les cohortes du "peuple des rues" (street people). Des colonies entières du "peuple des rues" essaiment dans toutes les grandes villes des États-Unis. Beaucoup de gens les prennent pour des hippies, car ils portent les cheveux longs et des jeans usés. Mais, comme le dit The Nation, ‘on est loin des hippies fleuris avec leur auréole psychédélique’. Ces jeunes gens de moins de 25 ans, évalués à plus d’un million, dorment dans les jardins publics, dans les cages d’escalier ou, au mieux dans des refuges. Ils ne sont pas motivés par des raisons philosophiques. Issus de milieux pauvres et peu cultivés, ils ont généralement peu de connaissances professionnelles utilisables sur le marché de l’emploi. Ils sont rejetés par le flot de la vie américaine et ne savent pas comment la réintégrer. Ils sont un des fruits de la société matérialiste.

La maison de demain ?

1974 : Étant donné la crise de l’énergie, la maison "autarcique" conçue par le département d’architecture de l’université de Cambridge, en Angleterre, retient l’attention. Son chauffage sera produit par l’énergie solaire, son électricité par le vent et son gaz par les déchets ménagers. L’hebdomadaire L’Express des 3-9 décembre 1973 fournit les renseignements suivants : "Le toit, fait de tôle ondulée peinte en noir et recouverte d’un vitrage, emmagasinera l’énergie et réchauffera l’eau circulant par gravitation dans les rainures de la tôle." Cette chaleur sera emmagasinée dans un système très sophistiqué de citernes, isolées par de la laine de verre". "Les excréments, auxquels on pourra ajouter une partie des ordures ménagères, seront recueillis dans une cuve spéciale où des bactéries les transformeront en un gaz chimique identique au méthane de la mer du Nord : ce gaz sera produit en quantité suffisante pour alimenter la cuisine. Enfin, l’électricité nécessaire pour l’éclairage, les appareils ménagers et le chauffage d’appoint sera produite par un générateur éolien et stockée par un groupe de batteries."

Le prêtre coûtait trop cher

1974 : Au bout de deux ans, durant lesquels ils estimaient avoir payé beaucoup trop cher les services de leur prêtre : mariages, baptêmes et enterrements, 2 000 paroissiens en colère de Villa Latina, en Italie, ont décidé d’agir. Selon le New York Times, "la foule poussa dans une voiture le prêtre dont les services étaient si chers et le conduisit hors de la ville".

Des mariages en foule

1974 : Le Sunday Post-Herald de Hong Kong rapporte que dans ce pays, où c’est généralement le jeune marié qui appose sa signature aux factures résultant de son mariage, cinquante couples ont célébré en même temps leur mariage, "afin de permettre aux jeunes gens de se marier à moindre frais". Il ajoute que cette "nouvelle tendance à se marier en foule se répand en Asie". Les parents des jeunes mariés n’en sont pas aussi ravis. Tout cela ne laisse que très peu de place aux traditions et à l’éclat attachés au mariage. Mais un jeune marié a déclaré : "Je ne vais certainement pas permettre à de vieilles traditions de m’obliger à commencer ma vie d’homme marié dans les dettes."

La doyenne des hippopotames

1974 : Maren, le plus vieil hippopotame vivant connu dans le monde, est maintenant âgé de 50 ans. Il s’agit d’une femelle, qui pèse deux tonnes et qui a 18 enfants dispersés dans divers zoos du monde. Son second mari, Rasmus II, âgé de 22 ans, et elle vivent au zoo de Copenhague.

Le salaire de la fornication

1974 : Celui qui n’adhère pas aux principes chrétiens se punit bien souvent lui-même. C’est le cas des fumeurs victimes du cancer. Récemment, le Cancer News, journal de Nouvelle-Zélande, fit ce rapport : "Une enquête effectuée pendant plus de sept ans auprès de 21 000 femmes et jeunes filles à Bradford [en Angleterre] a démontré que celles qui ont des relations sexuelles impures ont quatre fois plus de chances de contracter le cancer de l’utérus que celles qui mènent une vie généralement qualifiée de plus normale." Une autre enquête effectuée à Londres a révélé que le risque de contracter le cancer est quatre à dix fois plus grand chez les jeunes filles qui "accordent généreusement leurs faveurs".

Les nations membres de l’ONU

1974 : Dans quelle mesure l’organisation des Nations unies a-t-elle atteint son but de devenir une organisation "universelle" ? En septembre 1973, elle comptait 135 membres. Quelles nations n’en faisait pas partie ? Andorre, le Liechtenstein, Monaco, Nauru, Saint-Marin, Taïwan (Formose), Tonga, le Vatican, les Samoa occidentales, le Viêt Nam du Nord et le Viêt Nam du Sud. Le Bengladesh espérait en devenir membre sous peu. La Suisse affirme que sa neutralité lui interdit d’y adhérer. Quant à la Corée du Nord et à la Corée du Sud, bien que n’étant pas membres de l’ONU, elles sont considérées comme des "observateurs".

Pourquoi se faire du souci ?

1974 : Ce qu’on soupçonnait depuis longtemps d’être la raison pour laquelle beaucoup de gens continuaient d’aller à l’église n’existe plus. Ces derniers ne se font donc plus de souci. En effet, selon un sondage effectué à San Antonio, aux États-Unis, plus de la moitié des personnes interrogées ont déclaré qu’elles avaient cessé d’assister au culte parce qu’"elles ne se sentaient plus obligées d’y aller à cause des voisins". Selon l’Express & News de San Antonio, "la cause de cette désaffection la plus souvent citée est le manque de foi parmi les chrétiens".

Le nitrite et les conserves

1974 : À Lyon, durant trois jours, soixante praticiens venus du monde entier ont confronté leurs théories sur l’influence du nitrite dans l’apparition de certains cancers de l’estomac ou de l’œsophage. On ne peut pas assurer que cette substance a un effet cancérigène indubitable chez l’homme. Toutefois, des expériences faites en laboratoire ont montré que le nitrite provoquait des lésions mortelles chez les souris. On peut donc penser que les mêmes causes produisent les mêmes effets sur l’homme. Or, le nitrite est couramment employé dans les conserveries de viande et de poisson à des doses qui paraissent trop élevées pour ne pas avoir de conséquences. C’est grâce au nitrite que le jambon et le saucisson, par exemple, gardent une couleur rosée appétissante. Il serait sans doute préférable qu’ils aient un aspect moins alléchant.

Les "pestes" affligent toujours l’homme

Au début du mois de septembre1974, on avait signalé 800 cas de choléra en Italie, dont plus de 20 mortels. On a affirmé que cette épidémie avait été causée par des parcs à moules pollués, proches de l’endroit où sont déversées les eaux d’égout de Naples. Ces parcs ont été détruits. Le kilo de citrons s’est vendu près de 20 francs français, et les boissons alcooliques s’achetaient par caisse parce que les gens croyaient que les citrons et l’alcool les aideraient à résister au choléra. À ce propos, l’Organisation mondiale de la santé a rapporté que pour les deux dernières années, 20 000 des 80 000 cas de choléra signalés en Afrique ont été mortels, et que beaucoup d’autres n’ont pas été signalés. La diarrhée peut faire perdre à un malade atteint de choléra jusqu’à un quart du liquide que renferme son corps en une seule heure, provoquant ainsi sa mort par déshydratation.

L’alcoolisme chez les jeunes Américains

1974 : Dans le cadre de son enquête sur l’alcoolisme en France, L’Express des 17-23 septembre 1973 donne également quelques renseignements sur l’évolution de ce fléau parmi les adolescents américains. Aux États-Unis, on estime que 450 000 adolescents sont menacés par ce fléau. Le Dr Morris Chafetz, directeur de l’Institut national de lutte contre l’alcoolisme, déclara : "Le problème est beaucoup plus sérieux que nous ne nous l’imaginions. Il n’est pas rare, en effet, que des enfants très jeunes — certains ont 9 ans — révèlent un sérieux ‘problème d’alcool’." Toujours selon cet hebdomadaire, "un spécialiste californien de la lutte antialcoolique a calculé que le nombre des arrestations de jeunes pour délits liés à l’alcool avait augmenté de 700 pour cent". Comment expliquer ce phénomène ? Quelques sociologues pensent que "pour certains parents, effrayés par le danger de la drogue, l’alcool constitue un moindre mal. Alors, ils laissent faire". D’autres affirment que "si les enfants boivent, c’est pour imiter leurs parents".

"Bénédictions en tous genres"

1974 : C’est sous ce titre qu’Henri Fesquet parle, dans Le Monde du 13 octobre 1973, des multiples usages des prières de bénédiction prévues par l’Église catholique. Selon le Père Beillevert, "les bénédictions de l’Église contribuent à montrer que rien n’est vulgaire ni indigne de Dieu". Ainsi, le missel contient des oraisons spéciales pour bénir une abbesse, une vierge, un cimetière, un bateau, une cloche, etc. Il existe, d’autre part, un livre, le Bénédictionnaire, qui comporte d’innombrables formules de bénédiction, parfois inattendues. Il y en a, par exemple, pour l’avoine, le beurre, le fromage, le lard, les drapeaux et les meutes de chiens. H. Fesquet ajoute : "Jésus a, certes, donné l’exemple en bénissant le pain, le vin, les poissons, les enfants, etc. Mais l’Église (...) est allée beaucoup plus loin. (...) Elle bénit encore les militaires, (...) ceux qui se servaient ou se servent encore de ces armes, y compris l’armée américaine, qui a notamment largué la bombe sur Hiroshima." Après avoir dit que les bénédictions doivent être faites à bon escient, il conclut : "Faute de quoi, elles ne passent plus la rampe dans notre société sécularisée, parfois plus sensible aux valeurs évangéliques que certains fonctionnaires du sacré."

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