1995 : 11 articles

La parole aux ordures

1995 : Que révèlent nos déchets? Ils trahissent nos habitudes de vie. Ils révèlent ce que nous consommons et ce que nous gaspillons. “Les gens qui mènent une vie tranquille, bien réglée, gaspillent moins parce qu’ils ont tendance à acheter seulement ce dont ils ont besoin et à consommer ce qu’ils achètent”, analyse le Toronto Star. On apprend avec surprise que lorsqu’un article devient rare, “les gens, paradoxalement, le gaspillent beaucoup plus que lorsqu’ils le trouvent en abondance”. Pourquoi? Parce qu’ils font des réserves. Ils achètent donc plus que le nécessaire pour ensuite jeter ce qu’ils n’utilisent pas. Le hot-dog est le produit alimentaire qui prend le plus souvent le chemin de la poubelle. Le papier, en énorme quantité, particulièrement le papier journal, s’accumule dans les décharges. Curieusement, l’ère de l’informatique n’a fait que grossir le volume de papier mis à la corbeille. Nos déchets nous adressent donc le message suivant: nous vivons dans une société qui gaspille.

Coûteux vols de voitures

1995 : Selon des renseignements publiés par un organisme canadien de statistiques, 146 846 véhicules ont été volés au Canada en 1992. Ce chiffre record représente un taux de 8,4 vols pour 1 000 véhicules, contre un taux de 8,3 aux États-Unis, signale le Vancouver Sun. Peu de véhicules volés ont été récupérés dans leur état initial. L’article fait observer que “les pertes dues aux vols dans les voitures, aux vols de voitures et aux actes de vandalisme sur les véhicules se sont élevées à 1,6 milliard de dollars canadiens en 1992”, soit environ 30 fois celles dues au vol de cartes de crédit ou à la fraude à la carte de crédit, et quelque 500 fois le montant total des sommes dérobées dans les banques. Pourquoi vole-t-on les voitures? Le plus souvent pour faire du rodéo. “Près de la moitié des personnes accusées de vol de voiture étaient des jeunes de 12 à 17 ans”, ajoute le journal.

Les risques liés à la transfusion de sang

1995 : “Les réserves de sang du Canada pourraient être examinées scrupuleusement pendant mille ans à compter d’aujourd’hui, les risques liés à la transfusion seraient toujours présents”, rapportait le Toronto Star. Apportant son témoignage devant une commission chargée d’enquêter sur la sûreté des réserves de sang au Canada, le docteur William Noble, du St. Michael’s Hospital, a déclaré: “Ils (les risques) existent et existeront toujours.” Le Toronto Star dit que les risques liés à la transfusion de sang vont “de la réaction allergique jusqu’au sida”. Les spécialistes qui pratiquent la transfusion de sang affirment que de plus en plus de malades ont peur de contracter le sida par le sang. Le docteur Noble déclare: “Pas un jour ne passe sans que nous discutions de la question: ‘Devrais-je ou non administrer une transfusion?’”

Trafic d’ours

1995 : “Le trafic illégal d’organes et de membres d’ours noirs provenant du Canada peut être plus lucratif que le trafic international de drogue”, lit-on dans le Toronto Star. Il y a une demande inhabituelle de vésicules biliaires et de pattes d’ours noirs de la part de ceux qui exercent la médecine traditionnelle dans les pays les plus riches d’Asie, tels que la Chine, la Corée du Sud, le Japon, Taïwan et Hong-Kong. “Selon un haut fonctionnaire californien, la ‘valeur marchande’ (c’est-à-dire le prix payé par le consommateur) d’un kilo de vésicule d’ours atteint en Asie plus de 1 million de dollars quand la bile est ‘coupée’ (diluée) avec de la bile de vache ou de porc, ajoute le Toronto Star. En comparaison, on estime la valeur marchande de la cocaïne à Toronto à 100 000 dollars le kilo.” Remarque de Carole Saint-Laurent, du World Wildlife Fund, spécialiste des espèces menacées: “C’est un marché qui rapporte beaucoup.” On craint que la demande ne continue d’augmenter. En Asie, les ours ont déjà été presque décimés.

Les bienfaits de relations familiales étroites

1995 : “C’est le genre de relations qu’ils ont, et non le type de famille dans laquelle ils vivent, qui indique si les adolescents se drogueront ou auront des problèmes de comportement”, lit-on dans le Toronto Star. Une étude, menée par la fondation Addicton Research sur 2 057 jeunes en Ontario, révèle que “la nature des relations familiales a une plus grande influence que la structure de la famille elle-même”, selon Ed Adlaf, un scientifique. Les adolescents qui bénéficient de bonnes relations familiales, même avec des parents adoptifs, des beaux-parents ou une mère seule, s’en sortent mieux que ceux dont la famille est intacte mais au sein de laquelle les relations sont pauvres. “Ceux qui parlent régulièrement de leurs problèmes avec leurs parents sont les moins nombreux à sombrer dans la délinquance, dit le Toronto Star. Ceux qui ne parlent jamais de leurs difficultés avec leur père ou leur mère sont les plus nombreux à être alcooliques, toxicomanes ou délinquants.” Le temps que les adolescents passent avec leur famille, la qualité de ces relations et le contrôle que les parents exercent sur les sorties et les activités de leurs enfants constituent des facteurs fondamentaux pour atténuer les problèmes. Ed Adlaf ajoute: “Il est important de consacrer du temps aux enfants et de se rendre disponible pour eux.”

Des enfants qui lisent et écrivent mieux

1995 : “Les parents qui font la lecture à leurs enfants améliorent leur aptitude à l’écriture”, rapporte le journal canadien Globe and Mail. D’après les résultats de tests organisés récemment par le ministère de l’Éducation de l’Ontario (Canada), les élèves à qui on lisait souvent des histoires durant leurs jeunes années ont obtenu de meilleurs résultats que ceux à qui on ne faisait que rarement voire jamais la lecture. Le Globe and Mail ajoute que “les élèves qui ont eu de bons résultats en lecture ont également bien réussi les tests d’écriture” et que “ceux qui lisaient pendant leurs loisirs ont eu les meilleures notes aussi bien en lecture qu’en écriture”. Selon le président de la Fédération des enseignants de l’Ontario, les tests ont révélé que “les élèves qui ne lisent pas ou à qui on ne fait pas la lecture avant 14 ans ne s’y mettront pas après”.

Les risques du “piercing”

1995 : “Aujourd’hui, on se fait percer des parties du corps qu’on ne se faisait pas percer il y a quelques années”, constate John Pelton, directeur de la salubrité de l’environnement des Services de santé de Calgary (Canada); par exemple les arcades sourcilières, les lèvres, la langue et le nombril, selon un article du Vancouver Sun. Craignant que cette mode grandissante ne contribue à la propagation du sida et de l’hépatite B et C, les Services de salubrité de l’environnement du ministère de la Santé de l’Alberta ont décidé d’édicter un code visant à réglementer le piercing. “Ces normes nouvelles couvriront progressivement tout un éventail de services personnels non réglementés, tels que le marquage au fer rouge, l’épilation à la cire, le tatouage, l’électrolyse et l’isolement sensoriel.” Les autorités sanitaires et le secteur concerné réviseront la première copie, est-il précisé. Quant à l’utilisation pour le piercing du matériel destiné à percer les oreilles, un praticien explique: “On voit des gens entrer à l’hôpital avec une infection. C’est vraiment effrayant.”

Fascination pour l’horreur

1995 : “Les adolescents se passionnent pour l’horreur”, signale le Globe and Mail canadien. D’après ce journal, “les images, les bandes dessinées, les dessins, les films et même les musiques d’horreur ont beaucoup de succès auprès des adolescents”. Pour satisfaire ces goûts affreux en matière de lecture, un éditeur a entrepris de publier à l’intention des adolescents un livre d’horreur par mois, plutôt que quatre par an. D’autres en publient deux par mois. Pourquoi cette fascination? “Au cours de l’Histoire, écrit Shawn Ryan, l’horreur a toujours eu un grand succès dans les époques de malaise et de malheur.” Et le Globe de citer M. Ryan: “Dans les années 90, nous sommes déçus par les gouvernements, malheureux, et vivons dans la crainte de la criminalité. C’est pourquoi l’horreur suscite un tel engouement.”
 

L’art de se laver les mains

1995 : Selon les médecins, le simple fait de se laver régulièrement les mains “permet de se débarrasser des germes et des virus responsables du rhume, de la grippe, de l’angine streptococcique, des maux d’estomac et d’autres maladies plus graves”, écrit le Toronto Star. L’article ajoute: “Une (...) étude dirigée par le docteur Julio Soto, épidémiologiste à Montréal, montre qu’un bon lavage des mains peut réduire considérablement la transmission des maladies virales et infectieuses, — d’au moins 54 % dans le cas des infections des voies respiratoires supérieures et de 72 % dans celui des diarrhées.” D’après la Société pédiatrique canadienne, pour se laver correctement les mains, il faut les mouiller à l’eau courante, les savonner environ 30 secondes, les rincer pendant 5 secondes et enfin les sécher avec une serviette n’ayant pas servi, du papier, ou un sécheur automatique. Les personnes qui manipulent la nourriture dans les restaurants et les stands de restauration rapide devraient accorder une attention particulière au lavage des mains.

Les enfants des rues de Toronto

1995 : D’après les autorités, 10 000 enfants errent dans les rues de Toronto. “Leur nombre a considérablement augmenté ces dix dernières années, signale le Toronto Star. La plupart de ces enfants avaient des problèmes chez eux, qui allaient de l’abus sexuel au refus de se soumettre à l’autorité parentale. Ils se retrouvent de leur propre aveu dans un monde de drogue, de violence et de prostitution, et de terrible ennui.” On estime que 54 % des enfants des rues de Toronto se prostituent. Une fille sur cinq deviendra enceinte, 80 % sont toxicomanes ou alcooliques, 67 % ont été victimes d’abus sexuels et 43 % ont tenté de se suicider. “Si quelqu’un vous dit que la vie des rues est fascinante et passionnante, ne le croyez pas. Ce n’est pas la vie, c’est la mort!” dit un garçon. “Certains ne parviennent pas à rompre avec la drogue, la prostitution et une délinquance toujours plus grave; d’autres, plus âgés et plus sages, cherchent à s’instruire et à trouver un emploi”, ajoute le Star.

Les enfants obèses du Canada

1995 : “De nombreux nutritionnistes, pédiatres et chercheurs [disent que] les parents, éreintés, nourrissent mal leurs enfants, leur donnent des aliments trop raffinés et trop riches en graisses”, signale le Globe and Mail. Souvent, lorsque les parents travaillent tous les deux, la vie trépidante laisse peu de temps, voire pas du tout, à la famille pour prendre des repas nourrissants. Quelle en est la conséquence? Selon les estimations d’experts, “au moins 20 % des enfants canadiens sont obèses à cause de repas trop riches en graisses et du manque d’exercice”, révèle le même journal. Le docteur Stan Kubow, maître de conférences à l’école de diététique et de nutrition de l’Université McGill (Montréal), affirme la nécessité d’une alimentation équilibrée. Les parents, dit-il, doivent “veiller à ce que leurs enfants mangent des produits laitiers, des protéines, des fruits, des légumes et des fibres”. Inquiet, un chercheur a demandé: “Si on ne se soucie pas de sa santé, de quoi se souciera-t-on?”

Conserves à ne pas conserver

1995 : “Afin de faire des économies, certains achètent ou gardent des boîtes de conserve qu’il faudrait jeter, car elles sont dangereuses”, signale le journal Winnipeg Free Press. “Beaucoup de boîtes cabossées sont acceptables, mais d’autres non”, a déclaré Peter Parys, des Services sanitaires de Winnipeg. “Au moment du conditionnement, les conserves sont généralement saines, c’est par la suite qu’elles sont endommagées.” Les Services sanitaires ont précisé quelles boîtes de conserve sont à écarter: celles dont les soudures, le couvercle ou le corps sont rouillés, celles qui produisent un son étouffé quand on les secoue, ainsi que les boîtes gonflées, qui suintent, et celles dont la date de péremption est soit absente, soit dépassée. Le journal énonce cet avertissement: “Les boîtes dessoudées sont un véritable bouillon de culture pour les salmonelles et les staphylocoques, qui peuvent alors provoquer des diarrhées, des vomissements et des crampes.”

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Date de dernière mise à jour : 28/10/2012

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