1995 : 5 articles

Sida et routiers

1995 : En Inde, les routiers sont considérés comme un groupe très exposé à la contamination par le virus du sida (VIH). Passant de longs jours loin de leur famille, des milliers d’entre eux fréquentent les maisons closes de Bombay, où 50 à 60 % des 80 000 prostituées seraient contaminées. De Bombay, ils rayonnent dans tout le pays. Le long des grandes routes, on trouve dans certains villages des rangées de huttes où des jeunes filles se vendent aux routiers. Ces endroits sont également fréquentés par de jeunes hommes aisés des villes voisines, ce qui, explique le Times of India, “crée une inextricable chaîne de transmission”. Pour ne rien arranger, beaucoup de routiers croient, par superstition, que les relations sexuelles sont indispensables pour que le corps conserve sa fraîcheur lorsque l’on conduit de longues heures par grande chaleur.

Disparitions à New Delhi

1995 : Tous les ans, à New Delhi, plus de 10 000 personnes sont officiellement portées disparues. On n’en retrouve qu’un tiers. La moitié des disparus sont des enfants de moins de 18 ans, et la proportion entre les sexes masculin et féminin est de 2 pour 1. Le Times of India rapporte que des milliers de jeunes filles finissent dans des maisons closes, tandis que des bandes criminelles forcent de jeunes garçons à mendier ou à travailler de longues heures dans des petits restaurants pour des salaires de misère.

Le mariage mis à mal en Inde

1995 : En Inde, le mariage “subit les assauts de ce qui se transforme rapidement en une société du ‘moi d’abord’”, lit-on dans la revue India Today. Un nombre croissant de couples de plus en plus jeunes règlent leurs différends devant les tribunaux. Le professeur Narayana Reddy constate que “le nombre de personnes qui font appel à un conseiller matrimonial dans leurs premières années de mariage a doublé au cours des cinq dernières années”. Certains couples en consultent un quelques jours seulement après leur mariage. Les facteurs en cause dans la crise conjugale indienne n’ont généralement rien de nouveau: adultère, alcoolisme, disputes à propos de l’argent ou des biens, difficultés avec la belle-famille et questions sexuelles. Le stress “est devenu l’étranger omniprésent, invisible et malveillant dans les foyers indiens”.

‘Bêtes de somme’

1995 : Tel est le terme appliqué dans un article du Times of India aux 17 à 44 millions de petits Indiens soumis au travail. Malgré un réservoir de quelque 23 millions d’adultes valides sans emploi, les patrons préfèrent souvent embaucher des enfants. Et pour cause: un enfant travaille sans se plaindre pour la moitié du salaire d’un adulte et ne pose généralement pas de questions sur la sécurité. C’est seulement quand des pays occidentaux ont refusé les produits issus de la main-d’œuvre enfantine que certains fabricants ont employé des adultes. Le gouvernement indien a promis l’adoption de lois plus sévères pour combattre ce type d’abus et obliger les parents à fournir à leurs enfants une instruction de base. “Ni la tradition ni la nécessité économique ne peuvent légitimer le travail des enfants, a déclaré Shankar Dayal Sharma, président de la République indienne. L’élimination de cette forme d’exploitation est un des grands défis de notre temps.” Une forme d’exploitation que beaucoup justifient en rappelant la “dure réalité” de la misère et l’aide indispensable que constitue pour sa famille le salaire d’un enfant.

Nos amis les vers

1995 : Selon New Scientist, “les vers de terre sont l’arme secrète de l’Inde contre la résurgence de la peste”. Lorsque les ordures s’accumulent, rats et autres nuisibles porteurs de germes mortels prolifèrent. On utilise maintenant Pheretima elongata, une espèce locale de vers qui creusent le sol en profondeur, pour transformer les déchets en compost. Quand on les met dans les poubelles, ces vers mangent les ordures et produisent un compost de qualité qui se décompose rapidement. Cette technique est déjà employée à Bombay, où on traite ainsi quotidiennement quatre tonnes de déchets provenant des abattoirs. Les représentants des collectivités locales, qui comptaient jusqu’à présent sur les incinérateurs et les décharges, s’intéressent désormais à ces vers utiles.

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Date de dernière mise à jour : 27/09/2012

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