1995 : 6 articles

Tourisme religieux: un véritable “marché”

1995 : “Le tourisme religieux se développe en Italie et dans le monde”, signale La Repubblica. Selon les spécialistes, les chiffres de 1994 devraient “battre tous les records précédents”, avec une affluence, rien qu’en Italie, de 35 à 37 millions de visiteurs dans les édifices catholiques. L’Italie doit son succès à ses “30 000 églises classées richesses artistiques, ses 1 500 sanctuaires, ses 700 musées diocésains, ainsi que ses dizaines de monastères, abbayes et couvents”. Le tourisme religieux constitue en Italie un “marché” qui rapporte 4 000 milliards de lires (plus de 13 milliards de francs français), précise le journal. “Mais il connaît un incroyable essor dans d’autres pays également.”

Multiplication des césariennes

1995 : “Dix mille gynécologues montrent l’Italie du doigt: trop de césariennes”, écrit le journal romain Il Messaggero. L’Italie est le premier pays d’Europe pour le nombre des naissances par césarienne, le troisième dans le monde après les États-Unis et le Brésil. Depuis 1980, le nombre de césariennes y a été multiplié par deux, près de 1 enfant sur 4 venant désormais au monde par cette technique. À l’aspect purement médical, Il Messaggero ajoute deux raisons à cette vogue: le refus par les femmes d’accouchements douloureux, et la crainte des procès, qui incite les médecins à opter pour un procédé limitant les risques. Or, bien que l’hystérotomie soit considérée depuis longtemps comme une pratique sûre, beaucoup de spécialistes estiment qu’on y recourt trop souvent et pour des raisons qui ne sont pas toujours bonnes. Selon Carlo Signorelli, de l’Université La Sapienza (Rome), “il n’y aurait aucune corrélation entre la césarienne et la mortalité périnatale”. Pareillement, pour Luciano Movicelli, de l’hôpital S. Orsola (Bologne), “on devrait balayer l’idée selon laquelle césarienne est synonyme de plus grande sécurité, car rien n’est plus faux”.

Mère à 62 ans

1995 : Une Italienne a mis un enfant au monde à l’âge de 62 ans. La mère et le bébé, un garçon de 3,270 kilos, se portent bien. Si cet heureux événement a donné lieu à des félicitations, il a aussi soulevé un tollé parmi les tenants de l’éthique. Pourquoi? Parce que la mère est devenue enceinte par insémination artificielle. “Je sais que ce cas va déclencher une polémique”, a déclaré le professeur Severino Antinori, le gynécologue qui a présidé à cette naissance, “mais il doit être considéré comme une solution extrême”.

Bénédictions à répétition

1995 : Une équipe de football de Pescara, en Italie, a recherché l’aide d’un évêque catholique pour en finir avec la “malchance”, pouvait-on lire dans La Repubblica. Le président du club en ayant assez d’une “malchance” généralement attribuée au stade a réclamé une intervention puissante du clergé. Quelque temps auparavant, un prêtre avait béni le stade, et l’équipe avait gagné le match suivant. Le personnel, les supporters et les joueurs qui ont assisté à la ‘nouvelle bénédiction’ (une messe célébrée dans les tribunes du stade par l’évêque en personne) espèrent que cette fois l’équipe fera encore mieux. Déjà quand il avait été inauguré, le stade avait été béni, mais, dit La Repubblica, “l’encens répandu lors de l’inauguration a manifestement perdu son pouvoir”.

La police fait la chasse aux cartables lourds

1995 : “Le poids du cartable ne doit pas dépasser 15 % du poids [de l’élève]”, a décrété le maire de Cantu ville de la province de Côme (nord de l’Italie), qui s’inquiète des risques de scoliose. Les parents des enfants qui enfreignent cette règle encourent jusqu’à 400 000 lires (1 300 francs français) d’amende et six mois de prison. Pour prouver qu’il ne plaisantait pas, le maire a envoyé des policiers, munis de balances, installer des points de contrôle devant les écoles, signale Corriere della Sera. Parmi les élèves qui ont été soumis aux premières vérifications, deux seulement avaient respecté la limite. Un jeune garçon pesant 34 kilos portait un cartable de 12 kilos. Prenant sa défense, ses camarades ont expliqué que l’anthologie et le livre de mathématiques pesaient déjà à eux deux 5 kilos, et que tous les jours ils devaient apporter des ouvrages pour au moins quatre disciplines. Le maire a incriminé les maisons d’édition, dont l’intérêt est de “vendre des livres de plus en plus lourds et coûteux”. Il a suggéré la publication de manuels scolaires en plusieurs volumes.

Inégalité des sexes au foyer

1995 : “Il semblerait que l’égalité [des sexes] n’ait toujours pas pénétré l’environnement familial”, lit-on dans un article du Corriere della Sera consacré à une enquête de l’Institut italien de la statistique sur l’utilisation du temps au foyer. Qu’elle travaille à l’extérieur ou non, c’est encore la femme qui doit “supporter le poids de l’organisation familiale”. Ainsi, les mères consacrent en moyenne 7 heures et 18 minutes par jour aux tâches domestiques; leur conjoint, 1 heure et 48 minutes. Paradoxalement, les femmes qui élèvent seules leurs enfants s’en tirent mieux: elles y passent deux heures de moins. “Dès leurs tendres années, leurs mères ‘destinent’ les fillettes aux tâches domestiques”, fait remarquer La Repubblica.

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Date de dernière mise à jour : 05/09/2012

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