Corée du sud : 10 articles

Corée du sud

Chanteurs coréens = http://thierryvatin.e-monsite.com/rubrique,coree-du-sud,286143.html

Devise nationale : Corée dynamique

La Corée du Sud, officiellement la République de Corée, est un pays d'Asie de l'Est qui couvre la moitié sud de la péninsule coréenne. Sa capitale est Séoul. La langue officielle est le coréen dont l'écriture est le hangul ou hangeul et la monnaie le won.

Au nord, son unique frontière terrestre d'une longueur de 238 km avec la Corée du Nord, est constituée par la zone démilitarisée (DMZ), qui est en fait, la plus militarisée au monde.

Actuellement, la Corée du Sud est classé treizième puissance économique mondiale selon le calcul du produit intérieur brut en parité de pouvoir d'achat et quinzième selon le critère monétaire traditionnel.

Le nom que les Sud-Coréens donnent à leur pays est Hanguk, qui signifie littéralement Pays des Hans (en hangeul : 한국 ; en hanja : 韓國), du nom d'une tribu préhistorique qui habitait le sud de la péninsule coréenne (à ne pas confondre avec les Han chinois). Le pays est surnommé le Pays du matin frais (Chosŏn, 朝鮮), généralement mal traduit par Pays du matin calme.

Daehan Minguk est également utilisé, qui signifie « République de Corée » ou littéralement Grande république Han (대한민국 ; 大韓民國).


Les premières migrations de peuplades néolithiques dans la péninsule coréenne remontent au IIIe millénaire av. J.-C. Depuis lors, ce pays a survécu tant bien que mal entre la Chine et le Japon sans toutefois perdre son identité. La Corée garde encore une culture riche qui a son caractère propre.

La division contemporaine de la Corée remonte aux suites de l’occupation japonaise commencée à partir de 1910. À la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, la Corée a été divisée en deux zones par les puissances mondiales, les États-Unis et l'URSS. En 1948, le Sud et le Nord se constituèrent chacun en un État indépendant, un Nord communiste, et un Sud sous influence américaine. La guerre de Corée commença en juin 1950. Le Sud était soutenu par les États-Unis et le Nord par la Chine. L'accord de cessez-le-feu de Panmunjeom (signé en 1953), mit fin aux combats. Mais à ce jour, la guerre n'est toujours pas officiellement terminée. Depuis, la péninsule est divisée par une zone démilitarisée (DMZ) aux alentours du 38e parallèle, qui est paradoxalement, la plus militarisée au monde.

Après la guerre, la République de Corée, régime autoritaire sous le gouvernement autocratique de Syngman Rhee puis sous la dictature de Park Chung-hee, a connu une croissance économique rapide faisant d'un pays du tiers-monde un des Quatre dragons asiatiques. Cette dictature s'est illustrée par des atteintes aux droits de l'homme en réprimant de façon meurtriéres des émeutes à Kwangju le 18 mai 1980.

C’est dans les années 1980 que des manifestations ont mis fin à la dictature pour installer un pouvoir démocratique. Kim Dae-jung est le premier président bénéficiant d'une véritable légitimité démocratique.
Le chef d'État de la République de Corée est le président, qui est élu par scrutin direct pour une période de 5 ans. Premier représentant de la République et chef des armées, le président dispose en outre d'un pouvoir exécutif important ; il nomme le Premier ministre avec l'approbation du Parlement. Il préside et nomme également le Conseil d'État.

Langue officielle = Coréen

Monnaie = Won 

Capitale = Séoul

2009 = 48 746 693 habitants (+ 303 176)

2008 = 48 443 517 habitants (- 12 483) : Président de la république = Lee Myung-bak depuis le 25 février 2008

10e président de la République de Corée (2008....) Lee Myung-bak

2007 = 48 456 000 habitants (- 83 493)

2006 = 48 539 493 habitants (+ 78 903)

2005 = 48 460 590 habitants (+ 261 313)

2004 = 48 199 277 habitants (- 318 540)

2003 = 48 517 817 habitants (+ 878 199) Président de la république = Roh Moo-hyun depuis le 25 février 2003

9e président de la République de Corée (2003-2008) Roh Moo-hyun

2002 = 47 639 618 habitants (- 158 416)

2001 = 47 676 233 habitants (+ 401 233)

2000 = 47 275 000 habitants (+ 416 547)

1999 = 46 858 453 habitants (+ 428 636)

1998 = 46 429 817 habitants : Président de la république = Kim Dae-jung depuis le 25 février 1998

8e président de la République de Corée (1998-2003) Kim Dae-jung

Une bibliothèque insolite (1977)

Aimez-vous la lecture ? À notre époque où règnent la radio et la télévision, on dit un peu partout que la lecture est “un art qui se perd”. Pourtant elle reste toujours l’un des meilleurs moyens de s’instruire. Depuis l’invention de l’imprimerie à caractères mobiles, au quinzième siècle, ‘à faire beaucoup de livres il n’y a pas eu de fin’, ce qui a permis à beaucoup de gens de s’instruire (Eccl. 12:12). Dans les bibliothèques on trouve des millions de livres traitant de tous les sujets. Mais par ce récit nous aimerions vous faire visiter une bibliothèque tout à fait insolite qui se trouve en Extrême-Orient. Il s’agit d’une bibliothèque religieuse très ancienne située près d’un temple.
Nous commençons notre voyage à Taegu, troisième ville de Corée, d’où notre car nous conduit en une heure et demie au mont Gaya, situé dans la province de Gyonsang Namdo. Notre bibliothèque se trouve là, sur la montagne, dans l’un des plus beaux sites de la Corée. On appelle Haein-Sa le temple bouddhique et la bibliothèque qui s’y rattache, à mi-hauteur du mont Gaya. Au cours de notre ascension, nous rencontrons plusieurs femmes âgées qui dansent tout en chantant des airs traditionnels coréens. Déclinant leur invitation de nous joindre à elles, nous poursuivons notre randonnée et, après avoir franchi trois grandes portes en bois, nous pénétrons dans l’enceinte du temple qui abrite neuf cellules pour les hommes et quatre pour les femmes.
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Un moine de la communauté s’offre aimablement de nous servir de guide. Commençant par le temple proprement dit, dont les murs extérieurs sont ornés de fresques aux couleurs vives, il nous explique que chaque tableau a un sens, représentant un épisode de l’histoire de Bouddha et du bouddhisme. Ainsi, l’un d’eux illustre le moment où Bouddha a quitté son ancien mode de vie pour chercher l’explication du problème du mal et de la souffrance, n’hésitant pas à abandonner sa femme et son fils. Une autre scène dépeint l’introduction du bouddhisme en Corée : né en Inde, il est entré en Chine, puis en Corée et enfin au Japon. Notre guide nous explique que le bouddhisme a été introduit en Corée il y a près de 1 600 ans, donc bien avant qu’il atteigne le Japon. C’est pourquoi de nombreux Japonais fervents viennent faire leurs dévotions ici.
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À l’arrière du temple, d’autres peintures illustrent certains aspects doctrinaux et philosophiques du bouddhisme. L’une d’elles a retenu notre attention, car elle représente les âmes des méchants tourmentées dans un enfer de feu, confirmant par là que la fausse doctrine des supplices éternels n’est pas d’origine chrétienne.
La fameuse bibliothèque
Nous grimpons quelques degrés derrière le temple et arrivons devant deux longues constructions en bois, d’une taille supérieure à celle du temple. Elles abritent cette curieuse bibliothèque où l’on trouve au lieu de volumes plus de 80 000 planches de bois gravées, qui représentent la collection la plus complète et la plus ancienne du canon pāli du bouddhisme, lequel contient les trois “pitaka” ou “corbeilles” où l’on trouve respectivement des sermons, des règles de discipline et un résumé des doctrines. L’histoire de ces planches ne manque pas d’intérêt.
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Notre guide nous relate que lors de l’invasion de la Corée par les Mongols, au treizième siècle, beaucoup de témoins du passé culturel et religieux de la Corée ont disparu. Les Mongols ont brûlé le temple où l’on conservait le canon pāli original, rédigé deux siècles auparavant. Les soutras, les lois et les traités gravés sur bois furent détruits. Le roi s’enfuit à l’île de Ganghwa, au nord du port d’Inchon et, jugeant ces écrits indispensables à la survie matérielle et spirituelle de son royaume, il décida aussitôt de faire graver une nouvelle bibliothèque.
Dès qu’on eut transféré les installations sur l’île de Ganghwa, le travail reprit. On débita du bouleau blanc très dur en planches de 67 centimètres de long sur 23 de large et 3 d’épaisseur. On les fit tremper trois ans dans l’eau de mer puis on les fit sécher soigneusement à l’ombre. Ensuite, on les passa à l’étuve avec de l’eau salée avant de les faire sécher méticuleusement. Travaillé ainsi, le bois s’amollissait suffisamment pour être finement gravé. Après avoir sculpté 300 caractères chinois sur les deux faces, on les protégeait des insectes par un vernis.
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Commencée en 1236, la gravure des 84 000 planches prit environ seize ans et s’acheva en 1251. Notons en passant que le nombre des doctrines bouddhiques serait justement de 84 000. Les planches furent d’abord gardées dans un temple de l’île, puis à Séoul et, vers la fin du quatorzième siècle, on les transporta à Haein-Sa. Sur tout ce nombre, 81 340 planches ont survécu au transport et aux ravages du temps. Elles sont conservées dans deux salles construites au quinzième siècle et conçues spécialement pour préserver une hygrométrie, une température et une aération constantes. Le chiffre fourni par l’Encyclopédie coréenne est de 81 258 planches, mais les moines et le personnel du temple de Haein-Sa disent qu’au dernier comptage il en restait 81 340. Chaque planche pèse trois kilos et demi. Cette collection atteste l’habileté des graveurs coréens.
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Cette bibliothèque a fait de l’endroit un centre de pèlerinage où affluent également les sinologues. Ces planches séculaires sont à l’origine des premiers livres en coréen, car leur texte a été traduit du chinois en coréen phonétique. Elles ont permis d’imprimer près de 7 000 livres contenant chacun le texte complet des planches qui existent encore. Quelques exemplaires ont été expédiés à l’étranger pour y être examinés et étudiés par les spécialistes.
Le bouddhisme enseigne aux gens à ne pas tuer, ni mentir, ni voler, ni commettre l’adultère, ainsi qu’à éviter l’ivrognerie, autant de principes excellents en soi. Mais le bouddhisme n’est pas parvenu à les inculquer à ses adeptes. Quand on parle avec eux, il apparaît clairement que leur religion ne leur permet pas de faire face aux nombreux problèmes que l’humanité affronte en ce vingtième siècle. Non, les écrits sacrés du bouddhisme ne renferment aucun espoir solide pour l’humanité quant à son avenir.
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Il est par contre un livre qui, lui, renferme une espérance merveilleuse pour les hommes. Il s’agit de la Bible dont des millions d’exemplaires circulent dans des versions complètes ou partielles en près de 1 600 langues et dialectes. Son origine remonte bien au delà des autres ouvrages religieux et elle exerce un pouvoir transformateur sur la personnalité des gens, car elle n’est pas le produit de la philosophie de quelque homme à la recherche de la vérité, mais elle provient du Créateur de toute vie et de l’univers. Vous en possédez certainement un exemplaire dans votre bibliothèque personnelle. Ne manquez pas de lire la Bible, car elle enrichira votre vie et vous donnera une espérance, celle de la vie éternelle.

Jeux olympiques en Corée 1988. (1989)

Gagner à tout prix — Est-ce là l’esprit olympique?
Les Coréens étaient résolus. Il n’était pas question qu’ils laissent passer l’occasion que leur offraient les Jeux olympiques de séduire les athlètes, les touristes et les millions de téléspectateurs. Ils ont donc travaillé d’arrache-pied pendant sept ans et investi plus de trois milliards de dollars dans le projet.
Ils n’ont ménagé aucun effort pour faire des Jeux olympiques de 1988 à Séoul une réussite. Plus de 26 000 volontaires se sont attelés à la tâche. Environ 240 000 Coréens ont été recrutés pour nettoyer les rues. On a fermé 2 200 bains publics dont la fumée des cheminées risquaient d’incommoder les marathoniens. Tout le pays s’est volontiers mis à l’heure de l’olympisme pour accueillir les plus grands Jeux de toute l’Histoire, auxquels ont participé plus de 9 500 athlètes appartenant à 160 nations, un record. À l’arrivée, la Corée a gagné le droit d’être reconnue comme une puissance industrielle en plein essor, capable de recevoir les Jeux.
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Les retransmissions télévisées: une victoire
Les Jeux ont incontestablement servi au mieux les intérêts des hommes d’affaires coréens, qui, pour la circonstance, avaient invité leurs clients du monde entier. Les spécialistes du marché noir ont profité de la ruée vers le “billet à prix de platine” — le ticket d’entrée pour la cérémonie d’ouverture — pour se remplir les poches. Les places dans les tribunes d’honneur se revendaient 20 fois leur prix normal. Les Jeux ont également permis aux Coréens de nouer de nouvelles relations commerciales avec les pays d’Europe de l’Est. Enfin, et ce n’est pas le moindre des avantages, ils ont fait une large publicité à la Corée, la plaçant dans le peloton de tête des pays nouvellement industrialisés. “Cent quatre-vingts heures de retransmissions télévisées (sur NBC)!” se serait exclamé un homme d’affaires coréen, d’après le Los Angeles Times. “Cette publicité pour la Corée nous aurait coûté les yeux de la tête si nous avions dû acheter un temps d’antenne équivalent.” Au lieu de cela, c’est NBC (American National Broadcasting Company) qui a versé, dit-on, 300 millions de dollars pour s’assurer cette faveur.
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L’importance de cette contribution a toutefois permis au réseau américain d’avoir voix au chapitre dans le déroulement des Jeux. Un responsable de la télévision coréenne a ainsi déclaré : “Pour les sports les plus populaires aux États-Unis, on a quelque peu aménagé le programme des finales et des compétitions où figuraient des athlètes américains. On a fait se dérouler ces compétitions entre 9 heures et 14 heures, heure locale, de façon qu’elles coïncident avec l’horaire idéal de New York.” Tous ces arrangements se sont faits au détriment des participants, certains ayant dû se lever à 5 heures du matin pour être prêts à temps. “C’est compréhensible, nous a expliqué notre interlocuteur. De nos jours, les Jeux olympiques sont financés en grande partie grâce aux droits de transmission achetés par la télévision, et le réseau américain verse 75 % de cette somme.” Cependant, le taux d’audience a été inférieur aux prévisions, et il en est résulté un manque à gagner pour NBC, qui avait passé des contrats avec des annonceurs.
Victoire et défaite
“Victoire indiscutable!” C’est par ce titre qu’un quotidien japonais (Mainichi Daily News) a salué la victoire du Canadien Ben Johnson dans le 100 mètres messieurs. Quelques jours plus tard, le même journal changeait son fusil d’épaule et titrait: “La course la plus rapide du monde de la gloire à la honte.” Les tests venaient de révéler que Ben Johnson s’était dopé avec des stéroïdes anabolisants. Il fut dépouillé de cette médaille d’or pour laquelle il s’était entraîné comme un forcené.
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Le recordman du monde du 100 mètres avait succombé à la tentation du dopage. “Ce fut un coup porté aux Jeux olympiques et au mouvement olympique tout entier”, a déclaré le président du CIO (Comité international olympique). Pour ceux qui ont été convaincus de dopage, se voir retirer leur médaille faisait partie du prix qu’ils étaient prêts à payer pour gagner. En tout, dix cas de dopage ont entaché les Jeux de 1988.
Pourtant, d’après le lanceur de poids américain Augie Wolf, dont les propos ont été reproduits dans la revue Newsweek, “seuls ceux qui étaient mal informés se sont fait prendre”. “J’ai de la peine pour Ben Johnson”, a déclaré, toujours selon Newsweek, un entraîneur soviétique, “mais peut-être 90 % [des athlètes] (...) se dopent. L’erreur de Ben Johnson a été de se faire prendre”. Par ailleurs, si l’on en croit l’avis éclairé d’Edwin Moses, spécialiste américain du 400 mètres haies, “au moins la moitié des athlètes de haut niveau” auraient été disqualifiés s’ils n’avaient pas trouvé les moyens de passer au travers des contrôles antidopages.
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Si tant d’athlètes pensent que la prise de produits dopants peut les aider, pourquoi ces substances sont-elles interdites?
C’est tout d’abord pour conserver aux Jeux leur esprit sportif. C’est ensuite pour protéger la santé des athlètes. On se préoccupe en effet grandement du dopage depuis la mort par overdose d’un coureur cycliste danois aux Jeux de Rome en 1960. Plus récemment, en 1987, on a appris le décès de Birgit Dressel, grand espoir ouest-allemand de l’heptathlon, une épreuve groupant sept disciplines. Déterminée à monter sur la plus haute marche du podium, elle absorbait une centaine de produits différents. Les stéroïdes anabolisants, “substance miracle” qui favorise le développement musculaire, peuvent provoquer de graves ennuis: cancer du foie, stérilité, lésions rénales, troubles cardiaques, etc.
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Dès lors, pourquoi les sportifs prennent-ils ces produits? Selon Lord Killanin, ancien président du CIO, “la soif immodérée de médailles est à l’origine du grave problème posé par le dopage aux Jeux olympiques”. C’est donc la volonté de gagner à tout prix qui amène les athlètes à se doper. Et la motivation essentielle, c’est l’argent.
L’argent à tout prix
“En réalité, disait un éditorial du quotidien japonais Mainichi Shimbun, le scandale Johnson a éclaté au moment où la course à l’argent et à la gloire dans le monde du sport atteignait la démesure.” Une médaille d’or aux Jeux olympiques augmente la valeur commerciale d’un athlète, faisant grimper les prix que celui-ci est en droit de demander pour participer aux compétitions et multipliant les contrats publicitaires.
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Certains se voient en outre accorder des pensions d’État et des primes. Dans un certain pays, la prime récompensant une médaille d’or représentait 60 fois le salaire mensuel moyen d’un ouvrier.
Les Jeux olympiques sont une affaire lucrative. À cette heure, les organisateurs coréens ont déjà réalisé un bénéfice de 349 millions de dollars. Qui est responsable de cette commercialisation des Jeux? “C’est le Comité international olympique, bien sûr, accuse l’Asahi Evening News de Tokyo. Ceux-là mêmes qui avaient la responsabilité de défendre l’esprit olympique ont laissé les Jeux devenir un spectacle commercial.”
En cherchant à maintenir le sport à son plus haut niveau, le CIO a fait un pas vers le professionnalisme. Avec le retour du tennis aux Jeux, on a toléré la présence d’“amateurs temporaires”. Dans la mesure où ils suspendent tout contrat commercial pendant deux semaines, qu’ils logent au village olympique et non dans des hôtels de luxe, et qu’ils jouent gratuitement, les professionnels multimillionnaires sont considérés comme amateurs.
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Cet amendement au principe de l’olympisme n’a pas fait l’unanimité. Selon le Korea Times, le représentant du Koweït au CIO aurait dit: “C’est injuste. À coup sûr, cette décision va faire basculer toutes les épreuves sportives dans le mercantilisme.”
La fin des Jeux?
Bien sûr, il y a encore des athlètes qui ne cherchent pas à gagner à tout prix et pour qui l’argent ne constitue pas la principale motivation. Par exemple, un navigateur a interrompu la course pour porter secours à un autre concurrent qui était en train de se noyer, ce qui lui a valu de ne terminer qu’à la 21e place. Pour beaucoup, le seul fait de pouvoir participer aux Jeux constituait en soi une grande satisfaction. Néanmoins, ce ne sont pas la sportivité et “l’esprit olympique” qui ont prédominé, mais la soif immodérée de vaincre, en recourant au dopage si nécessaire. À propos de cette pratique, l’athlète américain Edwin Moses a déclaré: “Le sport, et peut-être même le mouvement olympique, touche le fond.”
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Il est intéressant de connaître les raisons qui ont amené la disparition des Jeux olympiques de l’Antiquité. “Au IVe siècle de notre ère”, explique une brochure du comité chargé de l’organisation des Jeux de Séoul, “les Jeux, corrompus par la politique et l’argent, furent abolis par [l’empereur] Théodose Ier”. Or, ces deux facteurs — la politique et l’argent — jouent de nouveau un rôle prépondérant dans les Jeux modernes. D’ailleurs, l’esprit de compétition qu’ils alimentent n’est que le reflet de la société actuelle. D’où cette question: les Jeux olympiques de Barcelone (Espagne) en 1992 verront-ils une résurrection de l’authentique “esprit olympique”, ou bien la volonté de vaincre à tout prix continuera-t-elle de prévaloir?

Le céladon Koryo : un régal pour les yeux (2000)

En 1995, dans le Missouri, aux États-Unis, on a découvert que la bibliothèque Truman recelait un trésor : une petite bouteille en céramique, ornée d’un motif de fleurs et revêtue d’une couverte de couleur soutenue. Sa taille infime, 23 centimètres, ne l’a pas empêchée d’être estimée à environ 18 millions de francs ! Spécimen de la céramique coréenne dite céladon Koryo, elle avait été offerte au président Harry Truman en 1946 par le gouvernement coréen.
Pourquoi le céladon Koryo est-il si précieux ? Qu’a-t-il de plus que les autres céramiques ?
Un procédé unique
L’appellation “ céladon Koryo ” désigne un genre de céramique unique que l’on commença à fabriquer pendant l’époque Koryo, période de l’histoire de la Corée qui va de 918 à 1392 de notre ère. Tch’ong-dja, le mot coréen pour céladon, signifie porcelaine bleutée. Les Chinois de cette période ne tarissaient pas d’éloges sur le céladon et l’avaient surnommé par exemple le “ sublime sous le ciel ”. Cette céramique doit son charme unique à sa couverte d’un vert-bleu soutenu et chatoyant.
Cette féerique teinte vert jade provient de la combinaison argile et couverte, et elle est obtenue par une double cuisson de chaque pièce. Yang-Mo Chung, historien de l’art coréen, explique que l’on fabriquait cette céramique avec de l’argile contenant du fer, que l’on cuisait à une température de 700 à 800 °C. Ensuite on enduisait la surface d’une couverte dans la composition de laquelle entraient du carbonate de calcium et entre 1 et 3 % de fer, après quoi on recuisait la poterie, cette fois à une température de 1 250 à 1 300 °C et “ en réduction ”.
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L’œil attentif discerne une harmonie naturelle dans les lignes élégantes des céladons Koryo. Les flacons, théières, plats et vases de céladon classiques présentent les mêmes formes artistiques que le costume et même les danses de la tradition coréenne. Les dessins stylisés qui ornent ces poteries sont inspirés de thèmes de la nature, la main des céramistes ayant marié des motifs de montagnes, d’arbres, de fleurs, de poissons, d’oiseaux, d’insectes et de personnages dans des paysages enchanteurs. On retrouve encore dans des motifs contemporains certains dessins géométriques qu’ils employaient.
Quelques mots sur les couleurs utilisées pour les motifs du céladon. Les céramistes de la période Koryo se servaient principalement de pigments noirs et blancs en incrustations. Au début, ils ont emprunté leurs techniques à la Chine, mais ils n’ont pas tardé à donner libre cours à leur ingéniosité. Ainsi, ils ont inventé la remarquable technique d’incrustation appelée sanggam : après incision du motif désiré sur la pièce inachevée, on emplit les sillons d’argile blanche ou rouge ; pendant la cuisson, l’argile blanche restera d’un blanc de neige tandis que la rouge deviendra noire.
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Une curiosité du céladon est qu’il présente sur toute sa surface de fines craquelures. Est-ce une imperfection ? Comment s’explique ce phénomène ? Plus le dessin incrusté est élaboré, plus la couverte doit être fine pour le laisser apparaître distinctement. La recherche d’un fini absolument transparent a eu son revers : trop mince et trop cassante, la couverte s’est inévitablement toute fissurée. Et puis on en est venu à considérer ces craquelures comme une particularité naturelle du céladon Koryo plutôt que comme un défaut. D’ailleurs, des céramistes modernes utilisent intentionnellement des couvertes craquelantes.
Le céladon Koryo remis à l’honneur
Le céladon Koryo a rapidement décliné après l’invasion mongole en Corée au début du XIIIe siècle. Finalement, on a cessé de fabriquer cette belle céramique, et son art s’est perdu. Aujourd’hui, le céladon Koryo est si cher et le nombre de pièces existantes si limité que des potiers ont résolu d’en ranimer la technique de fabrication. En examinant des fragments de céladon ancien, ils ont créé des pièces identiques aux originaux par la taille et la forme. Quelques-uns disent même avoir réussi à retrouver l’équivalent de l’exquise teinte des modèles anciens. Toutefois, il est difficile de recréer la formule exacte de la couverte, qui, par ailleurs, n’était faite que d’ingrédients naturels.
D’autres inconnues rendent ardue la tâche des céramistes, par exemple le mode et la durée de la cuisson. Les Instituts coréens de recherche sur le céladon tâtonnent avec plusieurs matériaux et techniques pour faire renaître de ses cendres la teinte merveilleuse du céladon Koryo.
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Des trésors de céladon perdus depuis longtemps ont été découverts ces dernières années. Ainsi, en 1995, un pêcheur a décidé d’écouter ce qu’on racontait au sujet de fragments de céramique remontés dans des filets. Parti à la chasse aux poteries avec d’autres pêcheurs, il a peu à peu mis au jour 129 pièces de céladon. Cette réussite a incité le Bureau de préservation du patrimoine culturel coréen à constituer une équipe de fouilleurs, laquelle a retrouvé un bateau englouti avec sa cargaison de céladon et en a récupéré en quelques mois pas moins de 463 pièces ! Inutile de dire que les chercheurs sur le céladon et les historiens de l’art se frottaient les mains !
Le céladon Koryo aujourd’hui
Où contempler la beauté du céladon Koryo ? Vous avez tout loisir de visiter une exposition d’art coréen dans un grand musée du monde, par exemple le British Museum ou, à New York, le Metropolitan Museum of Art. Mieux encore, si vous venez en Corée, allez donc faire un tour à Kangjin, la ville où l’on comptait jadis le plus grand nombre de fours à céladon. Vous avez aussi la solution d’assister à l’une des fêtes annuelles de la céramique qui se tiennent dans la province de Kyŏnggi. Là, on fabrique le céladon sous vos yeux. On vous laisse même vous essayer sur la roue du potier. Que diriez-vous de former vous-même un vase, d’y inscrire des mots ou des motifs, de le faire cuire au four pour enfin exhiber le produit achevé ?
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Il vous reste bien sûr la possibilité d’acheter du céladon moderne dans un grand magasin ou dans une boutique de souvenirs. Les vitrines vous proposent des vases, des services à thé ou d’autres objets de céladon, soit faits main par les céramistes locaux, soit de fabrication industrielle. Plus tard, vous honorerez vos invités en leur servant, autour d’un vase vert tendre gorgé de fleurs, du thé coréen dans de charmantes tasses craquelées...

Spectaculaire automne ! (2001)

L’automne n’est pas une époque comme les autres. C’est le moment où, dans les pays tempérés, le ciel bleu, les journées ensoleillées et les nuits fraîches colorent progressivement les collines boisées d’une centaine de teintes jaunes, orange et rouges. C’est le moment où les pins et les cèdres à feuilles persistantes tiennent lieu de toile de fond discrète aux rouges et aux jaunes vifs de leurs cousins à feuilles caduques (les arbres qui perdent leurs feuilles).
Dans les pays orientaux, comme le Japon ou la Corée, on apprécie tout particulièrement cette saison. Au Japon, les gens vont souvent “ à la chasse aux couleurs ”, expression par laquelle ils désignent les promenades d’automne qui leur offrent l’occasion d’admirer l’art manifeste dans la nature.
En Corée, de nombreux parcs nationaux sont au faîte de leur beauté à cette époque de l’année. Voilà pourquoi les journaux tiennent le public informé du meilleur moment pour en admirer les couleurs. Soraksan, l’un des plus célèbres de ces parcs, attire beaucoup de monde.
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 Avec ses falaises granitiques et ses imposants affleurements ornés de pins tenaces, il semble constituer le type même du paysage oriental. Quand vient l’automne, un collier rougeoyant de hêtres et d’érables entoure les monolithes de granit de Soraksan. Lorsqu’au petit matin ces pics émergent d’une mer de nuages, le grimpeur matinal est récompensé par un panorama qui restera à jamais gravé dans sa mémoire.
“ J’aime marcher en montagne, mais plus encore à l’automne, explique Park Ii-kyun, un septuagénaire coréen plein d’entrain. Il semble alors que Dieu habille les collines d’une multitude de couleurs, des couleurs qui changent de jour en jour, des couleurs qui s’embrasent sous nos ciels clairs d’automne. ” Sa femme, Kôn-young, se régale à regarder les feuilles voltiger dans le ciel, tels des papillons dorés.
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Pourquoi les feuilles changent-elles de couleur ?
Pour les esprits curieux, cette transformation demande une explication. Qu’est-ce qui détermine si une feuille deviendra jaune ou rouge ?
Les teintes automnales font partie du processus par lequel les arbres se préparent à l’hiver. Les jours qui raccourcissent signalent à l’horloge interne de l’arbre qu’il faut cesser d’alimenter les feuilles en eau et en substances nutritives. Chaque feuille réagit en formant une sorte de bouchon de liège à la base de sa tige. Ce bouchon obstrue la circulation entre la feuille et le reste de l’arbre, ce qui explique que la feuille finit par tomber.
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Au cours de ce processus, les carotènes commencent à donner aux feuilles leur couleur jaune ou orange. Ces pigments sont généralement présents durant l’été, mais ils passent inaperçus à cause de la chlorophylle qui prédomine dans les feuilles. Le rouge, quant à lui, provient essentiellement de l’anthocyane, un pigment que les feuilles ne produisent pas avant l’arrière-saison. L’automne venu, la chlorophylle se décompose et laisse la place aux pigments jaunes et rouges. Quand la chlorophylle a disparu, la feuille d’un peuplier tourne au jaune vif alors que celle d’un érable prend une couleur pourpre.
En quête d’un automne spectaculaire
La plupart des amoureux de la nature ont remarqué que le décor automnal varie suivant les années et les endroits. Cette variation est en grande partie liée au genre d’arbres feuillus qu’on trouve dans une région. Plusieurs sortes d’érables, par exemple, créent des rouges des plus éclatants. Bon nombre d’espèces de ces arbres poussent naturellement en Orient, et ils sont souvent plantés dans les parcs et les jardins.
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Un autre facteur qui entre en jeu est le climat. En effet, la quantité d’anthocyane produite par les feuilles dépend beaucoup du temps. Lorsque les journées sont claires et ensoleillées, et que les nuits sont fraîches, les feuilles sécrètent un maximum d’anthocyane. En Extrême-Orient, les automnes offrent ordinairement ces conditions. Le Japon et la Corée sont tous deux des pays montagneux. La plupart de leurs collines sont couvertes de différents feuillus, un cadre idéal pour les visiteurs qui souhaitent observer les couleurs automnales.
Un élégant recyclage
Tout le processus qui conduit les arbres à perdre leurs feuilles est aussi utile que superbe. C’est parce qu’ils se défeuillent qu’ils conservent eau et énergie pendant l’hiver. Ils se débarrassent également des déchets toxiques qui se forment dans les feuilles durant l’été.
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Qu’advient-il des milliards de feuilles qui tombent sur le sol ? Grâce aux insectes, aux champignons, aux vers ainsi qu’à d’autres animaux qui vivent dans le sol, toute cette matière organique se transforme rapidement en humus, un élément indispensable pour les sols fertiles. Ainsi, après avoir présenté un spectacle éblouissant, les feuilles mortes fertilisent le sol en vue du printemps suivant. Peut-on imaginer un recyclage plus charmant ? Lorsque nous nous arrêtons et contemplons une telle œuvre, nous avons peut-être le sentiment que ‘ les arbres des champs battent des mains ’ pour louer silencieusement leur Créateur. — Isaïe 55:12 ; Psaume 148:7-9.

Retrouvailles familiales en Corée : Un nouveau départ ? (2001)

L’événement a été qualifié d’effusion humaine poignante. Il a attiré plus de 1 300 journalistes locaux et plus de 400 correspondants étrangers. Nous voulons parler des retrouvailles familiales entre des Nord-Coréens et des Sud-Coréens séparés pendant quelque 50 ans.
Depuis un demi-siècle, de nombreux Coréens n’ont plus de nouvelles de leurs proches, que ce soit par lettre, fax ou téléphone. À cause de la zone démilitarisée qui divise le pays, les membres des familles sont séparés les uns des autres. Grâce à quoi ont-ils pu se rencontrer dernièrement ?
Des retrouvailles de grande importance
Le 15 août 2000, un avion arborant le drapeau de la République populaire démocratique de Corée a atterri en République de Corée, à l’aéroport international Kim-P’o. Il transportait des Nord-Coréens qui, par l’intermédiaire de la Croix-Rouge internationale, avaient reçu confirmation que certains de leurs proches du sud étaient toujours en vie. Puis ce même avion a embarqué 100 Sud-Coréens et a repris la direction du nord afin qu’eux aussi rencontrent leurs proches. Imaginez-vous revoyant votre frère, votre sœur, votre mère, votre père, votre fils, votre fille ou votre conjoint après plus de 50 ans ! Beaucoup de ceux qui participaient à ces retrouvailles approchaient des 70 ou 80 ans, et avaient perdu le contact avec leurs proches depuis leur adolescence !
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Leur visite ne devait durer que quatre jours et trois nuits, après quoi chacun retournerait dans son pays respectif. Rien d’étonnant que beaucoup se soient parlé presque sans interruption ! Pour parer aux traumatismes et aux chocs éventuels, des médecins, des infirmières et des ambulanciers étaient prêts à intervenir. Comme on s’en doute, ils ont été sollicités.
Les retrouvailles concernaient seulement une infime partie des familles déchirées : 690 000 personnes de plus de 60 ans et 260 000 de plus de 70 ans seraient encore séparées de leurs proches. Sur les 76 000 Sud-Coréens qui remplissaient les conditions requises et qui avaient demandé à rendre visite à leur famille, seulement 100 ont été sélectionnés.
Parmi eux se trouvait Yang Jin-yeul, un homme de 82 ans. La Croix-Rouge l’avait informé que Yang Won-yeul, son frère de 70 ans qui vivait dans le nord, était à la recherche de ses proches du sud. Le petit frère de Yang Jin-yeul étudiait dans une université de Séoul, en 1950, lorsqu’il avait disparu durant la guerre de Corée. On n’avait plus jamais entendu parler de lui. Les deux frères et leurs deux sœurs sont tombés dans les bras les uns des autres après cinq décennies de séparation.
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Lee Pok-yon, 73 ans, a retrouvé sa femme âgée de 70 ans, ainsi que ses deux fils. La dernière fois qu’il avait vu sa famille, ses fils n’avaient que deux et cinq ans. Un jour, pendant la guerre, il était sorti en disant qu’il allait acheter un vélo. Il n’était pas rentré, et sa famille n’avait jamais eu de ses nouvelles. Au cours de leurs émouvantes retrouvailles, sa femme, à présent paralysée et diabétique, a enfin posé la question qui la démangeait depuis tant d’années : pourquoi avait-il mis si longtemps à acheter ce vélo ?
Lee Chong-pil, âgé de 69 ans, était au collège lorsqu’il a été séparé de sa famille en 1950 ; il avait été porté disparu. Dans le sud, il a retrouvé Cho Won-ho, sa mère de 99 ans, deux de ses frères et deux de ses sœurs. Malheureusement, sa mère ne l’a pas reconnu.
Ces exemples ne sont qu’un aperçu des nombreuses retrouvailles touchantes qui ont eu lieu. L’événement a été retransmis en direct sur plusieurs chaînes de télévision locales et étrangères. Les téléspectateurs ont pleuré devant les images de ces retrouvailles. Beaucoup se demandaient si d’autres suivraient. Cependant, les retrouvailles sont passées comme un éclair ; le départ allait être presque aussi douloureux que la première séparation. Les proches ne savaient pas s’ils se reverraient, ni quand.
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Un demi-siècle de séparation : bientôt la fin ?
Le 15 août 1945, au bout de 36 années de domination japonaise, la Corée s’est affranchie. Toutefois, elle n’a pas tardé à être partagée à cause de la politique du moment. Chassant les Japonais de la péninsule coréenne, les forces américaines ont pris le contrôle du territoire au sud du 38e parallèle, et l’armée soviétique s’est emparée du nord. Une guerre a vite éclaté, mais elle n’a pas résolu les problèmes. La Corée comptait désormais deux gouvernements. À partir de 1945 et tout au long de la guerre de Corée, des milliers de familles ont été séparées. À la fin de la guerre, en 1953, une zone démilitarisée, couverte de mines, a coupé le pays en deux.
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Pendant des décennies, rares ont été les signes de réconciliation. Pourtant, le 13 juin 2000, un avion qui avait à son bord le président de la République de Corée, Kim Dae-jung, s’est posé sur l’aéroport Sunan de Pyongyang. Le chef de la République populaire démocratique de Corée, Kim Jong-il, était sur la piste pour l’accueillir. Une porte inespérée semblait soudainement s’ouvrir. Ces deux dirigeants ne s’étaient jamais rencontrés. Or, en la circonstance, ils se sont comportés comme deux frères qui s’étaient perdus de vue depuis longtemps. Au cours d’un sommet de trois jours, les deux chefs d’État se sont engagés à mettre un terme au demi-siècle d’hostilité et à amorcer une réconciliation. Les réunions familiales ont fait partie des premiers résultats de ce sommet. D’autres projets ont rapidement pris forme.
Les deux dirigeants se sont aussi entendus pour rétablir la ligne de chemin de fer entre le nord et le sud.
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Les 12 kilomètres de rails sud-coréens et les 8 kilomètres nord-coréens devront être réparés d’ici septembre 2001. Cette voie ferrée traversera la ligne de démarcation, réunifiant les deux Corées. De plus, lorsqu’elle sera reliée au Transmandchourien, elle s’étendra de la péninsule coréenne à la Chine et jusqu’à l’Europe. Pour reprendre les mots du président Kim Dae-jung, ce sera “ une nouvelle route de la soie, mais en fer ”. Plus tard, une autre voie de chemin de fer franchira en plein milieu la ligne de démarcation et rejoindra le Transsibérien.

À la découverte du hangul (2003)

Chaque système d'écriture de par le monde a son histoire, qui est généralement très ancienne.Il y a cinq siècles à peine, toutefois, ona conçu un alphabet censé être appris en une seule matinée. Il s'agit de l'alphabet coréen qui porte le nom de Hangul. Sa formation et son utilisation sont surprenantes.
Avant la création du hangul, le coréen ne possédait pas sa propre graphie. Pendant plus d’un millénaire, les Coréens lettrés ont employé les caractères chinois pour transcrire leur langue. Au fil des ans, on a essayé divers systèmes d’écriture. Mais comme tous fonctionnaient avec les signes chinois, seuls les érudits étaient en mesure de les utiliser.
Un alphabet sur l’ordre d’un roi
Au XVe siècle, le roi Sejong, qui appartenait à la dynastie coréenne des Yi, a pris en pitié ses sujets qui ne savaient ni lire ni écrire. La plupart ne pouvaient se plaindre aux autorités qu’oralement. Ce problème embarrassait le roi Sejong, qui avait la réputation de toujours prêter une oreille attentive aux gens du peuple.
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Il a donc lancé la création d’un alphabet à la fois adapté au coréen parlé et facile à apprendre et à utiliser. Le projet a été déclaré achevé en 1446. Dans la préface de son décret, le roi Sejong a écrit : “ La langue coréenne étant différente de la langue chinoise, les caractères chinois ne la rendent pas suffisamment. C’est pourquoi les gens du peuple désirent une chose et n’arrivent pas à exposer leurs sentiments [...]. Ému de pitié, j’ai inventé vingt-huit caractères qui seront facilement appris de tous et serviront aux usages quotidiens. ”
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Malheureusement, des érudits se sont opposés au hangul, justement à cause de sa facilité d’apprentissage. Par dérision, ils l’ont surnommé amkul, qui signifie “ lettres de femmes ”. Ils rejetaient un système d’écriture qui pouvait être appris par les femmes, qui à l’époque n’avaient pas le droit d’apprendre à lire à l’école. Les lettrés ont conservé longtemps leurs préjugés contre le hangul. Il s’est écoulé en fait plus de 400 ans avant que le gouvernement coréen n’autorise l’emploi du hangul dans les documents officiels.
Le hangul et la Bible
La Bible a marqué profondément l’histoire du hangul. Même si on a importé de nombreux ouvrages religieux écrits en coréen avec des caractères chinois, les missionnaires n’ont pas rapporté de bibles chinoises, pourtant disponibles. Cependant, en 1887, les Écritures grecques chrétiennes (Nouveau Testament) ont été traduites en coréen et publiées en hangul à Mukden, en Chine.
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Il y avait enfin une bible en coréen qui pouvait être lue par presque tout le monde, même par les femmes et les enfants qui n’avaient jamais appris les caractères chinois. De nos jours, au moins huit versions de la Bible en hangul moderne, dont Les Saintes Écritures — Traduction du monde nouveau, sont disponibles.
Facile à apprendre
Un des lettrés qui ont participé à la création de l’alphabet coréen a dit du hangul : “ Le sage peut l’apprendre en une seule matinée, et même l’insensé peut l’apprendre en dix jours. ” Certains des premiers opposants au hangul l’ont appelé, avec une pointe de mépris, achimgul, c’est-à-dire les “ lettres de la matinée ”. À leurs yeux, le hangul était trop simple, car on pouvait l’apprendre en une seule matinée.
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Quoi qu’il en soit, grâce à la simplicité de cet alphabet, l’illettrisme a presque disparu de Corée. La majorité des enfants le maîtrisent avant même d’aller à l’école. On ne fait pas de dictées dans les écoles coréennes. Pourquoi ? Le hangul représente les sons du langage avec une telle précision qu’on peut les transcrire correctement rien qu’en les entendant.
Il est même possible d’écrire des mots étrangers en hangul. Voulez-vous essayer ? Même s’ils ne donnent pas tous les détails, les encadrés ci-joints vous aideront à écrire votre nom. Ainsi, vous constaterez par vous-même la souplesse de cet alphabet qui peut être appris en une seule matinée !

L’ondol : un système de chauffage unique en son genre (2003)

Alors que le froid hivernal coréen nous transperce, une dame souriante nous invite à entrer dans sa maison. Il y règne une douce ambiance qui réchauffe nos corps. Pourtant, rien n’indique la présence d’un radiateur. Nous nous déchaussons et avançons sur le plancher. Il est chaud ! Assis par terre, nous posons nos mains glacées sur le sol tiède et nous les sentons se désengourdir.
En Corée, presque toutes les maisons sont équipées de ce système de chauffage par le sol. On l’appelle ondol. Mais comment fonctionne-t-il au juste ? Et quelle a été son influence sur la vie des Coréens ? Commençons par un bref historique.
Histoire du chauffage au sol
L’histoire du chauffage au sol débute avant la venue de Jésus Christ sur la terre. D’après les découvertes archéologiques et les témoignages historiques, les Romains auraient été les premiers à se servir d’un tel système de chauffage. Dès le IVe ou Ve siècle de notre ère, un type de chauffage au sol était répandu dans la péninsule coréenne. On finit par l’appeler ondol, d’après des idéogrammes chinois signifiant “ galeries chauffantes ”. Des chroniques de la dynastie Tang font allusion à l’ondol en ces termes : “ En hiver, [les Coréens] se tiennent au chaud en creusant de longues galeries dans lesquelles ils allument un feu. ”
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Comment fonctionne l’ondol traditionnel
L’ondol traditionnel avait pour source de chaleur un foyer situé dans la cuisine ou sur le mur extérieur de la salle de séjour. Une cuisine équipée de deux ou trois foyers pouvait être entourée d’un nombre correspondant de pièces chauffées par l’ondol. Autrefois, vous auriez également trouvé un ou deux grands chaudrons en fer dans les foyers, de façon à ce que le feu servant à cuire le riz ou la soupe soit aussi utilisé pour chauffer la pièce attenante. Ingénieux, n’est-ce pas ?
En général, la cuisine se situait environ un mètre plus bas que la pièce à chauffer. Cette dénivellation facilitait le passage de la fumée et de l’air chaud sous le plancher de la pièce surélevée. De la fumée sous le plancher ? Eh oui, tel est le secret de l’ondol.
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Des conduits horizontaux passaient sous le plancher de la pièce, reliant le foyer à la cheminée. L’air chaud dégagé par le feu de bois circulait dans ces conduits et chauffait le sol en pierres et en terre. Mais ce n’était pas si simple qu’il y paraît. Deux exigences contradictoires devaient être remplies. D’une part, la fumée devait passer rapidement dans les conduits et pouvoir s’échapper afin que le bois brûle correctement. À cet égard, rien de tel que les conduits courts et droits. D’autre part cependant, il fallait que l’air chaud et la fumée restent le plus longtemps possible dans les conduits de façon à chauffer le sol. Pour ce faire, les conduits parcouraient toute la surface du plancher, ce qui retardait l’évacuation de l’air chaud. Une fois trouvé le bon compromis, une pièce pouvait être maintenue au chaud toute une nuit avec un feu de deux heures seulement.
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Il existait une pièce à ondol vieille de plusieurs siècles aux propriétés thermiques incroyables, dit-on. Son réseau de conduits était tel qu’une seule flambée chauffait le sol pour 45 jours ! La chaleur se sentait, paraît-il, pendant 100 jours. Malheureusement, cette pièce a été détruite au début des années 50, durant la guerre de Corée. En 1982, des ingénieurs l’ont restaurée et ouverte aux touristes. Les performances actuelles sont loin d’égaler celles de jadis. Malgré tout, il suffit d’un feu de bois pour chauffer la pièce dix jours au printemps et en automne, et trois jours en hiver, même quand la température extérieure chute en dessous de − 10 °C.
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Autre secret de l’ondol : la conception du plancher lui-même. On commençait par installer les conduits. Puis on les couvrait de pierres plates et minces (de cinq à huit centimètres d’épaisseur). Le sol près du foyer étant naturellement plus chaud, on y posait des pierres plus épaisses pour empêcher les déperditions de chaleur. Ensuite, on recouvrait les pierres de terre jaune et on nivelait. Enfin, on tapissait le tout de plusieurs couches de papier huilé.
Avec l’ondol traditionnel, le sol à l’autre bout de la pièce était généralement plus frais. On faisait donc asseoir à l’endroit le plus chaud les personnes âgées, comme les parents ou les grands-parents, ainsi que les invités. C’était une marque de respect.
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Les pièces à ondol du sud et du nord de la péninsule coréenne avaient leurs particularités respectives. Dans le sud, un mur séparait la cuisine du séjour, de façon à ce que la fumée ne dérange pas les occupants. Dans le nord, ce mur n’existait pas. Le séjour était donc chauffé à la fois par le foyer et par le sol.
Le bois était le combustible traditionnel. Aussi les Coréens stockaient-ils du bois à côté du foyer. Ils se servaient de papier et de paille pour allumer le feu. On utilisait aussi le charbon comme combustible. Au XXe siècle, les Coréens ont adopté les briquettes de charbon. Une pièce à ondol doit être parfaitement entretenue. Si les conduits se lézardaient, du monoxyde de carbone s’infiltrerait dans la pièce et pourrait s’avérer fatal.
L’ondol aujourd’hui
Aujourd’hui, rares sont les maisons coréennes chauffées à l’ondol traditionnel. Celui-ci a laissé la place à une version modernisée, le chauffage au sol par circulation d’eau, dont sont équipés même les grands immeubles. L’eau chaude a ainsi remplacé l’air chaud. Notons cependant que ce ne sont pas les Coréens qui ont élaboré ce système.
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Au début des années 1900, alors qu’il construit un hôtel au Japon, le célèbre architecte américain Frank Lloyd Wright est invité dans la maison d’un noble japonais. Là, il remarque une pièce différente des pièces japonaises typiques. Le sol, recouvert de papier huilé, est chaud. C’est une pièce à ondol coréenne ! Son hôte avait eu le coup de foudre pour ce système de chauffage qu’il avait connu en Corée. De retour chez lui, il s’était donc fait bâtir une pièce à ondol. “ Ce plaisir indescriptible d’être chauffé par le bas ” impressionne Wright. Il se convainc sur-le-champ que l’ondol est le système de chauffage idéal et commence à en équiper ses constructions. Il invente alors le chauffage au sol par circulation d’eau, qui envoie de l’eau chaude dans des tuyaux et non plus de l’air chaud dans des conduits.
Ce système simplifié correspond tout à fait aux besoins des Coréens de l’époque. Une fois importé, il sera vite adopté. Aujourd’hui, pratiquement tous les foyers coréens en sont équipés.
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L’ondol, un art de vivre
L’ondol a exercé une grande influence sur la vie quotidienne en Corée. Pour la simple raison que le sol est chaud, les gens s’y installent spontanément plutôt que sur un siège, plus froid. Les Coréens s’assoient, mangent, discutent et dorment par terre. Pour que le plancher soit encore plus chaud, ils le recouvrent parfois d’une sorte de couette appelée ibul. Quand la famille est de retour chez elle, tous glissent leurs jambes sous la couette et se réchauffent ensemble. Voilà qui resserre les liens familiaux !
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La vie coréenne s’occidentalise, et la nouvelle génération préfère souvent s’asseoir à table sur une chaise et dormir dans un lit. Mais la plupart des Coréens apprécient le confort douillet de l’ondol à eau. Le jour où vous visiterez la Corée, nul doute que vous raffolerez de l’ondol, ce système de chauffage unique en son genre.

Le hanbok : costume national coréen (2004)

Pour les Coréens, le vêtement n’a pas comme seule fonction de recouvrir le corps. Leur costume traditionnel, le hanbok, en est la preuve. Une ligne inimitable Le hanbok est une robe composée d’un corsage de style boléro et d’une jupe longue. Cet ensemble a des proportions typiques : sur certains modèles, la jupe fait quatre fois la hauteur du corsage, si bien que même une femme de petite taille paraît plus grande en hanbok. Le hanbok présente des courbes raffinées, des lignes simples. Les manches se déploient comme des ailes tandis que la jupe, qui part sous la poitrine, s’évase élégamment jusqu’aux pieds. Un nœud très caractéristique souligne le buste et retombe en deux pans sur le devant de la robe, presque jusqu’aux chevilles. De nombreux modèles de hanbok ont également des broderies géométriques et florales autour du col et des poignets, ainsi que sur la jupe.
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L’heureux mariage des proportions, des lignes et des couleurs du hanbok en fait vraiment un habit d’une grande distinction ! Le costume de toutes les situations Le hanbok n’est pas seulement beau, il est aussi fonctionnel. Généralement réalisé en fibres naturelles, il se porte sans problème toute l’année. Par exemple, un modèle en fibres végétales comme la ramie ou le chanvre laisse passer l’air et reste frais en été, même s’il couvre presque entièrement le corps. D’autres étoffes, qui retiennent la chaleur corporelle, sont parfaites pour l’hiver. Si le hanbok est également confortable, il ne le doit pas à la mode, mais à une nécessité pratique qui remonte à une époque reculée où l’on circulait beaucoup à cheval. “ On a conçu ce vêtement pour qu’il soit adapté au froid, à la chasse et aux activités itinérantes ”, lit-on dans la revue Culture & I. Les cavaliers coréens préféraient des vêtements qui n’entravaient pas leurs mouvements.
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En vérité, les Coréens qui aiment porter le hanbok peuvent remercier leurs ancêtres pour cet héritage ! Le symbolisme des couleurs — une tradition séculaire — est un autre aspect intéressant de cette tenue. Autrefois, les membres de la classe dirigeante arboraient souvent des couleurs flatteuses, tandis que les paysans s’habillaient surtout en blanc. Par ailleurs, on reconnaissait les femmes célibataires à leurs tenues jaune et rouge. Après le mariage, la couleur du hanbok reflétait le statut social du mari.
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À notre époque, le jour des noces, la mère de la mariée est censée se mettre en rose, la mère du marié en bleu. Ainsi, aucune confusion possible ! Le hanbok de nos jours Après la guerre de Corée (1950-1953), le pays a entrepris de se moderniser. En conséquence, dans les années 70, le hanbok s’est démodé pour laisser place aux vêtements occidentaux. C’est ainsi que cette tenue, qui était celle de tous les jours, a été reléguée au placard, et elle n’en est plus sortie que pour les mariages, les fêtes et autres grandes occasions. Toutefois, ces derniers temps, le hanbok revient à la mode. En 1996, dans l’intention de lui rendre sa popularité, il a été décrété que le premier samedi de chaque mois serait “ le jour du hanbok ”.
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Les maisons de confection en ont créé des modèles, spécialement dans le but de séduire les jeunes. Il y a manifestement quelque satisfaction affective à retourner aux sources, car le hanbok moderne fait aujourd’hui fureur. À une époque où la mode exalte bien souvent la sensualité, le hanbok donne une idée de ce que peut être une tenue belle et modeste. — 1 Timothée 2:9.

Kimchi : le piquant de la gastronomie coréenne (2005)

korean-kimchi.jpgLes Coréens aiment les aliments piquants, et le kimchi est peut-être leur favori. Pour la plupart d’entre eux, un repas sans kimchi ne serait pas un vrai repas. Une telle idée serait d’ailleurs inconcevable ! Mais, au juste, qu’est-ce que le kimchi ?
Le kimchi appartient à la famille internationale des condiments à base de légumes. C’est un peu l’équivalent de la choucroute en Allemagne, du paocai en Chine, du tsukemono au Japon, des achards en Inde et des pickles dans d’autres régions. Le kimchi, dans toute sa diversité, offre aux Coréens des vitamines essentielles et une saveur particulière qui fait immanquablement forte impression chez celui qui le goûte pour la première fois. Ses ennemis jurés ne supportent pas l’agression que l’ail et le piment rouge font subir à leurs narines et à leurs papilles gustatives. Pour les inconditionnels, en revanche, cette “ agression ” est pur délice, et ils y reviennent, encore et encore.

Le kimchi commence à être connu mondialement, car les gens cherchent de plus en plus à relever leurs plats. Depuis que des militaires occidentaux, des travailleurs immigrants et des milliers de personnes venues aux Jeux olympiques de Séoul en 1988 y ont goûté, dans certains pays, le kimchi a fait progressivement son entrée dans l’univers de la restauration rapide, aux côtés des hamburgers, des tacos, des chow mein, des sushis et des hot-dogs. Des compagnies aériennes étrangères en servent également avec leurs repas. Au Japon, en trois ans, il s’en est vendu dans les supermarchés pas moins de dix millions de boîtes. Mais comment le prépare-t-on ?
Un délice fermenté
Lorsqu’ils sont conservés dans la saumure, les légumes deviennent plus craquants. Le sel empêche la prolifération de la plupart des micro-organismes indésirables et favorise la production de ceux qui sont bénéfiques. La fermentation produit des acides aminés et de l’acide lactique, qui donnent au kimchi une saveur unique, très différente de celle des légumes qui le composent.
Housewives Make Korean Pickle Kimchi For The Needy
Ce ne sont pas seulement l’ail et le piment rouge qui finissent dans les pots de kimchi avec les ingrédients de base. Bien d’autres assaisonnements les y rejoignent, des plus communs aux plus insolites : oignons, carottes, poireaux, gingembre, graines de sésame, poires, huîtres, petites crevettes salées, châtaignes, ormeaux, pignons, algues, etc.
Le kimchi est un plat d’accompagnement. Même si on en raffole, il se déguste rarement tout seul. Il se marie en général avec le riz. Pour les Coréens, le kimchi et le riz, c’est comme le pain et le beurre, ou le bacon et les œufs dans d’autres cultures. Le goût léger du riz et la saveur piquante et salée du kimchi s’harmonisent parfaitement.
Riche en vitamines et en minéraux
Le kimchi est de plus en plus plébiscité par les consommateurs en quête d’une nourriture saine. Il n’y a pas si longtemps encore, sa valeur nutritionnelle était quelque peu négligée à cause de son goût particulier. Toutefois, comme aujourd’hui on insiste énormément sur l’importance de manger des légumes, le kimchi est désormais loué pour ses apports nutritionnels. Par exemple, le chou chinois, le radis et le piment rouge sont riches en vitamine A. Le piment rouge en poudre contient beaucoup de vitamine C. Le vert des poireaux est source de vitamines A et C. De plus, les fibres contenues dans le chou favorisent la digestion.

Les différents fruits de mer fermentés que l’on ajoute au kimchi apportent protéines et acides aminés, ce dont les légumes manquent généralement. L’huître, le fruit de mer le plus souvent utilisé dans le kimchi, renferme une bonne quantité de calcium, de fer, de glycogène, de vitamines et d’acides aminés essentiels.
Il existerait plus de 100 sortes de kimchi. Qu’est-ce qui les différencie ? Les ingrédients et leurs proportions, la région où le kimchi est préparé, le temps de fermentation, ainsi que la température et l’humidité. Le secret de fabrication se transmet de mère en fille, et il fait la fierté de nombreuses familles. D’ailleurs, les Coréens disent souvent qu’une bonne cuisinière, c’est celle qui excelle dans l’art de faire du kimchi !
Le kimchi d’aujourd’hui
De nos jours, il n’est plus vraiment indispensable de préparer du kimchi. Grâce à la culture en serre, on trouve des légumes toute l’année. Et on peut acheter du kimchi dans presque n’importe quelle épicerie coréenne. De plus, dans les appartements en ville, on peut difficilement envisager de produire du kimchi en grande quantité. Il est plus facile d’en conserver de petites quantités dans un réfrigérateur que dans des jarres comme autrefois.

Le kimchi a pourtant la peau dure ! De la même façon qu’il résiste aux longs hivers, il survivra probablement aux changements de modes de vie, comme il a su le faire tout au long des siècles. Aimeriez-vous le goûter ? Ne soyez pas rebuté par son arôme pimenté. Sans doute que, parmi la centaine de variétés de kimchi qui existent, vous en trouverez une qui flattera votre palais. Alors, comme diraient les Coréens : “ Mat-itkae duseyo ! ” (“ Bon appétit ! ”)
Le kimchi d’hiver
  Autrefois, quand les réfrigérateurs n’existaient pas, il fallait préparer des aliments qui dureraient pendant les longs mois d’hiver de Corée, où la température avoisine zéro degré. Le kimchi était la solution idéale. La préparation d’une grosse quantité de kimchi porte le nom de kimjang. La saison de cette production spéciale commençait fin novembre et s’achevait mi-décembre.

  Dans les familles nombreuses, il fallait parfois plus de 100 choux pour le kimjang ! Vu la quantité de recettes qui existent, il fallait aussi prévoir un tas d’autres ingrédients. Il arrivait que familles, amis et voisins se retrouvent dans un foyer pour participer au kimjang, puis que tout le monde se rende dans un autre foyer pour recommencer. Encore aujourd’hui, de nombreuses entreprises donnent aux employés des ‘ primes de kimchi ’ à cette époque de l’année pour leur permettre de couvrir toutes les dépenses liées au kimchi d’hiver.
  Où stockait-on toute cette quantité de kimchi ? Dans des jarres ou des pots de terre. Un mois avant le kimjang, on enterrait les pots dans le sol. Une fois le kimchi mis dans les jarres, on le tassait avec une pierre plate et on mettait un couvercle. Le kimchi se conservait ainsi longtemps, car les pots en terre cuite sont poreux.
Un kimchi délicieusement épicé
INGRÉDIENTS DE BASE
  500 g de chou chinois
  2 cuillères à soupe de sel
  4 verres d’eau froide
  2 verres d’eau bouillante

ASSAISONNEMENTS
  1 cuillère à soupe d’ail finement haché
  1 cuillère à soupe de gingembre frais finement haché
  1 cuillère à soupe d’oignons finement hachés
  2 cuillères à café de piments rouges séchés finement hachés
  2 cuillères à café de sucre
  1 cuillère à soupe de sel

PRÉPARATION : Séparez les feuilles de chou et salez-les. Plongez-les ensuite dans l’eau froide et laissez reposer dans un endroit frais pendant huit heures ou toute une nuit. Rincez bien les feuilles de chou et exprimez-en le liquide. Versez l’eau bouillante sur les épices et mélangez bien. Ajoutez ce mélange aux feuilles de chou. Mettez la préparation dans un grand saladier. Il vous faudra peut-être couper les feuilles de chou en deux. Couvrez avec du film plastique et laissez reposer le tout au frais pendant deux jours. Ensuite, égouttez les feuilles, coupez-les en petits morceaux et mettez-les dans un bocal en verre.

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Commentaires (1)

1. ffd 12/07/2011

kimchi

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