La tyrannie à l’école

La tyrannie à l’école — Comment s’en protéger? (1989)

Rémy fréquentait une petite école de campagne où la violence était inconnue. Puis il a changé d’école secondaire. L’établissement était plus grand et les problèmes plus nombreux. Là, il est bientôt devenu la cible des “durs”. Laissons-le raconter: ‘Le trajet de 15 minutes devenait un cauchemar qui semblait durer des heures; mes persécuteurs ne se contentaient plus de m’insulter, ils me maltraitaient. Un jour, ils ont tordu un trombone en forme de croix gammée et l’ont chauffé à blanc avec un briquet. Ensuite, ils se sont approchés discrètement de moi et me l’ont appliqué sur la main. À ce moment-là, j’ai fondu en larmes.’
Élisabeth a quitté l’école il y a quelques années. Mais elle a encore les larmes aux yeux en repensant à cette époque: “Je ne ressemblais pas aux autres, explique-t-elle, car ma mère est d’une autre race. Du cours élémentaire à la fin du secondaire, j’ai donc été constamment harcelée et rejetée.

 

On aurait dit qu’il y avait un club ‘anti-Élisabeth’. Même pendant les dernières années de ma scolarité, j’évitais d’aller aux toilettes, car je craignais les menaces de certaines filles, qui parlaient de plonger la tête de leurs ennemies dans la cuvette. Je supposais en effet que j’étais une cible toute choisie.”


Pour un pourcentage effrayant d’élèves, la violence scolaire est une réalité quotidienne. Ils sont régulièrement victimes de menaces verbales ou écrites, sont harcelés dans les vestiaires, rackettés sur l’argent de leur repas et sont même l’objet de pressions visant à les faire céder à des avances d’ordre sexuel. Être la cible de telles attaques peut constituer pour vous un problème si important que vous êtes incapable de penser à autre chose. Heureusement, il existe des solutions. Mais il faut avant tout comprendre la situation.


Les “tyrans” — Qui sont-ils?
Les spécialistes sont généralement d’avis qu’on ne naît pas “tyran”. “‘Tyran’ à l’école, victime au foyer”, affirme Nathaniel Floyd, psychologue. Ainsi, il est possible qu’un “dur” ne fasse que reproduire les mauvais traitements qu’il subit chez lui. — Voir Ecclésiaste 7:7.
“Trop de scènes violentes à la télévision”, “trop peu d’amour et d’attention, ainsi qu’une trop grande liberté pendant l’enfance”, sont autant de facteurs qui, selon d’autres spécialistes, expliquent également ce comportement. Même des enfants qui, en temps normal, ne sont pas agressifs, se laissent aller à la tyrannie pour s’intégrer à un groupe ou détourner l’attention d’eux.


Profil de la victime
Tout ce qui est jugé différent, tel qu’une infirmité, un physique particulier, ou tout simplement le fait d’être nouveau, peut être prétexte à des tyrannies. Toutefois, les victimes ont souvent un point commun, comme l’explique Élisabeth, la jeune fille citée plus haut: “Je pleurais très facilement, si bien que mes camarades savaient tout de suite que j’étais blessée ou apeurée.”
La revue Parents (angl.) a dressé la liste suivante des traits caractéristiques des victimes: “anxiété, timidité, prudence, sensibilité, piètre opinion de leur personne”, et enfin une “tendance à pleurer ou à fuir en cas d’attaques”. Bien entendu, il ne s’agit pas de rendre les victimes responsables de ce qu’elles endurent, mais vous saurez mieux vous y prendre avec les “durs” si vous comprenez qu’ils s’attaquent plus facilement aux élèves sans défense.


De la fermeté, mais pas d’agressivité
Premièrement, résistez à l’envie de vous venger de vos persécuteurs. Non seulement il n’est pas bien de ‘rendre le mal pour le mal’, mais vous risquez ainsi de vous attirer des ennuis dont vous n’avez pas besoin et d’envenimer la situation (Romains 12:17). S’il n’est pas sage de se montrer agressif, il serait utile en revanche d’avoir de la fermeté. La revue Parents donne ce conseil: “Le simple fait de dire à l’autre d’arrêter, de lui expliquer qu’on n’aime pas ses façons d’agir, puis de partir, réduit considérablement les risques d’être de nouveau persécuté.” Ou, pour reprendre l’expression d’un psychologue, ‘soyez ferme et quittez les lieux avec dignité’.


Une autre façon d’aborder le problème (quand le lieu et le moment s’y prêtent) consiste à tenter de raisonner calmement avec votre persécuteur. ‘Raisonner avec lui?’ objecterez-vous peut-être. Oui; en effet, il se peut qu’il y ait un malentendu, que vous ayez fait sans le savoir quelque chose dont il vous garde rancune. En tout cas, en l’abordant avec calme et courage, vous laisserez entendre que vous refusez d’être une victime passive. Le docteur Kenneth Dodge explique: “Les victimes en puissance sont les jeunes qui se laissent faire ou pleurent facilement. L’enfant qui n’a pas la réaction escomptée ne risque guère d’être à nouveau pris pour cible.” Comme le dit ce proverbe, “trembler devant les hommes, voilà ce qui tend un piège”. — Proverbes 29:25.


Parlez-en à vos parents!
Que faire si les persécutions ne cessent pas? Éducateurs et spécialistes sont tous d’avis qu’il faut vous en ouvrir à vos parents. Certes, vous pensez peut-être qu’ils ne comprendront pas. De plus, il est possible qu’on vous ait menacé d’ennuis plus graves encore si vous parliez de votre problème. Toutefois, n’est-il pas vrai que vos parents sont en droit de savoir ce qui vous arrive à l’école?


Cela ne signifie pas forcément que vos parents doivent parler directement au fautif. Ils peuvent toutefois vous encourager et vous aider ainsi à retrouver votre assurance et à renforcer votre détermination à vivre selon les principes divins. Ils sont également à même de vous fournir des conseils pratiques. Ainsi, ils vous suggéreront peut-être de faire part de vos tracasseries à un responsable de l’établissement. Gerald Hoff, enseignant, fait cette recommandation: “Essayez d’aller voir en premier le conseiller d’orientation, surtout si vous avez le soutien de vos parents, tout en évitant, si possible, de le dire à vos camarades. Le conseiller d’orientation sait ce qu’il faut dire au coupable; c’est son métier. Néanmoins, si le problème s’aggrave, il est de son devoir d’en aviser le directeur de l’établissement.”


Les parents décident parfois d’avertir les autorités scolaires. Il se peut que vous soyez réticent à les voir intervenir de la sorte, ce qui est compréhensible. Rémy, dont nous avons parlé précédemment, se souvient: “J’ai supplié mes parents de ne pas se mêler de l’affaire parce que je craignais une attaque en groupe. D’autre part, j’espérais tous les jours que les choses s’amélioreraient.” Toutefois, après l’incident de la brûlure, son père a tenu à contacter les autorités scolaires. Que s’est-il ensuite passé? Des mesures discrètes ont été prises en faveur de Rémy. “Sans que je sois impliqué plus que nécessaire, explique-t-il, des places précises ont été attribuées, et on a surveillé étroitement les élèves concernés.”
Si vos ennuis persistent malgré cela, vos parents décideront si des mesures plus sévères doivent être prises à l’encontre du coupable.


Mesures préventives
Il est cependant préférable de prévenir les harcèlements. Comment cela? Le simple fait, par exemple, de parler avec vos camarades de classe peut vous aider à dissiper l’image de l’élève solitaire, image qui semble inviter les tyrannies. Si vous vous montrez amical avec les enseignants et les conducteurs d’autobus, en leur adressant ne serait-ce qu’un simple sourire ou un “bonjour” sympathique, vous les amènerez probablement à veiller davantage sur vous et jouirez ainsi d’une certaine protection. Efforcez-vous également d’éviter les situations et les lieux où des incidents risquent de se produire. — Proverbes 22:3.
Faites des efforts pour paraître plus détendu et plus assuré. C’est une autre façon de diminuer les risques d’être la cible de harcèlements. La Bible ne dit-elle pas: “Dieu ne nous a pas donné un esprit de lâcheté, mais un esprit de puissance, d’amour et de bon sens.” (2 Timothée 1:7). Méditez sur cette pensée pour affermir votre assurance: “Si quelqu’un aime Dieu, celui-là est connu de lui.” (1 Corinthiens 8:3). Le fait de savoir que Dieu est conscient de vos ennuis et s’en soucie réellement peut vous aider grandement à y faire face.


Une étude a révélé que 25 % des élèves fréquentant les établissements secondaires américains classaient “les ‘tyrans’ et les éléments perturbateurs” en tête de leurs préoccupations. Pareillement, des éducateurs de Grande-Bretagne et de République fédérale d’Allemagne ont exprimé leur inquiétude face à l’augmentation et à l’aggravation des cas de brutalité.

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