Les premières règles

Préparez votre fille à ses premières règles (2006)

La puberté est une période de nombreux changements. Chez l’adolescente, ce processus de croissance se caractérise par un événement important : l’apparition des règles.

Les premières règles peuvent être un moment éprouvant dans la vie d’une jeune fille et s’accompagner de sentiments contradictoires. Comme bien d’autres changements liés à la puberté, l’apparition des règles peut déconcerter l’adolescente. Nombre de jeunes filles sont anxieuses et effrayées quand survient leur premier cycle menstruel. Pourquoi ? Principalement parce qu’elles sont peu ou mal informées.

Les jeunes filles qui y sont préparées vivent généralement mieux leurs premières règles. Malheureusement, des études montrent que beaucoup ne le sont pas. Lors d’un sondage effectué dans 23 pays, près d’un tiers des participantes ont déclaré que, lorsqu’elles ont eu leurs règles pour la première fois, elles n’en avaient jamais entendu parler. Prises au dépourvu, elles s’étaient senties désemparées.

Ce sont celles qui n’ont pas reçu d’éducation dans ce domaine qui en gardent le plus mauvais souvenir. Lors d’une autre enquête, des femmes ont employé à ce propos des termes comme “ paniquée ”, “ traumatisée ”, “ gênée ” ou “ effrayée ”.

En général, la vue du sang fait peur, car qui dit saignement dit souvent douleur ou blessure. Dès lors, on comprend aisément que, en l’absence d’explications adéquates ou de préparation, les stéréotypes culturels, les mythes ou tout simplement l’ignorance peuvent amener la jeune fille à associer à tort la menstruation à une maladie ou à une blessure, ou à la considérer comme quelque chose de honteux.

Il faut que votre fille sache que le saignement menstruel est un phénomène normal qui arrive à toute jeune fille bien constituée. En tant que parent, vous pouvez faire beaucoup pour l’aider à se rassurer. Comment ?

Le rôle essentiel des parents

Il y a quantité de sources d’information sur le sujet, comme les enseignants, les médecins, des ouvrages et même des films éducatifs. De nombreux parents trouvent auprès de ces sources des renseignements précieux sur la biologie de la menstruation et sur l’hygiène menstruelle. Toutefois, la jeune fille a souvent des questions et des besoins auxquels ces sources ne répondent pas. Même si elle sait comment agir lorsque ses règles arrivent, elle ne sait pas toujours comment faire face à ce qu’elle ressent à ce moment-là.

Une grand-mère, une sœur aînée, mais surtout la mère sont en mesure d’apporter ces réponses et le soutien affectif dont a besoin l’adolescente. Généralement, celle-ci considère sa mère comme la mieux placée dans ce domaine.

Qu’en est-il du père ? Beaucoup de jeunes filles sont gênées de parler de ce sujet avec leur père. Certaines attendent simplement de sa part du soutien et de la compréhension. D’autres préfèrent qu’il ne s’en occupe pas du tout.

La proportion de foyers où le père élève seul ses enfants a augmenté dans de nombreux pays au cours de ces dernières décennies. Aussi de plus en plus de pères vont-ils devoir assumer le rôle difficile qui consistera à éduquer leurs filles le moment venu. Il faudra qu’ils se documentent sur la menstruation ainsi que sur les autres changements physiques et psychiques que leurs filles vont vivre. Ils peuvent juger bon de recueillir des conseils pratiques auprès de leur mère ou de leurs sœurs.

Quand aborder le sujet

Dans les pays industrialisés, tels que les États-Unis, la Corée du Sud et certains pays d’Europe occidentale, l’âge moyen d’apparition des règles se situe vers 12 ou 13 ans. Elles sont néanmoins précoces chez certaines (dès 8 ans) et tardives chez d’autres (16 ou 17 ans). Dans des régions d’Afrique et d’Asie, la moyenne d’âge a tendance à être plus élevée. Au Nigeria, par exemple, elle est de 15 ans. Plusieurs facteurs, tels que les gènes, la situation économique, l’alimentation, l’activité physique ou l’altitude, peuvent influer sur l’âge d’apparition des règles.

Il est préférable d’aborder le sujet avec votre fille avant qu’elle ait ses premières règles. Il faut donc commencer assez tôt à lui parler de la menstruation et des transformations que va subir son corps, peut-être quand elle aura environ huit ans. Vous pensez sans doute que c’est un peu jeune, mais si votre fille a entre huit et dix ans, son corps subit probablement déjà des modifications internes en raison de l’élévation du taux de certaines hormones. D’ailleurs, vous constaterez des changements physiques dus à la puberté, tels que le développement des seins et l’augmentation de la pilosité. Sachez également que la plupart des filles ont une poussée de croissance (gain de taille et augmentation de poids) juste avant leurs premières règles.

Comment aborder le sujet

Les jeunes filles en âge d’avoir leurs premières règles sont généralement curieuses de ce qui les attend. Il est possible qu’elles aient entendu des filles en parler à l’école. Elles se posent des questions, mais ont souvent du mal à les formuler. Ou sans doute sont-elles gênées d’en parler.

Il en va de même pour les parents. Bien qu’elles soient logiquement les mieux placées, les mères ne se sentent pas toujours prêtes ni très à l’aise pour parler de ce sujet. C’est peut-être votre cas. Comment donc vous y prendre ?

Une préadolescente est capable de comprendre certaines explications simples et précises, concernant par exemple la fréquence des règles, leur durée ou la quantité de sang perdu. Ainsi, dans un premier temps, il peut être judicieux de s’en tenir à des aspects pratiques, de lui parler des mesures à prendre le moment venu. Préparez-vous aussi à répondre à des questions comme : ‘ Qu’est-ce que je vais ressentir ? ’ ou : ‘ Comment ça va se passer ? ’

Plus tard, vous voudrez peut-être aborder les aspects biologiques de la menstruation. En général, on peut se procurer à cet effet des publications éducatives auprès de médecins ou dans des bibliothèques et des librairies. Certaines jeunes filles préféreront lire ces écrits toutes seules ; d’autres seront plus à l’aise si elles le font avec vous.

Pour entamer la discussion, installez-vous dans un endroit tranquille, puis évoquez d’abord très simplement le fait que les filles grandissent et se transforment. Vous pourriez dire par exemple : “ Bientôt, tu vas connaître quelque chose de tout à fait normal, qui arrive à toutes les filles. Est-ce que tu sais ce que c’est ? ” Ou bien vous pourriez parler de vous en disant : “ Quand j’avais ton âge, j’ai commencé à me poser des questions à propos des règles. À l’école, on en parlait entre copines. As-tu déjà entendu tes copines en parler ? ” Discernez ce que votre fille sait déjà et rectifiez toute idée fausse. Il se peut que lors de vos premières conversations vous soyez la seule ou presque à parler.

Pour être passée par là, vous savez ce que l’on peut éprouver. Vous pouvez donc vous servir de votre vécu. Qu’aviez-vous besoin de savoir ? Qu’aviez-vous envie de savoir ? Quels renseignements vous ont été utiles ? Efforcez-vous de transmettre un point de vue équilibré sur les avantages et les inconvénients de la menstruation. Soyez ouverte à toute question.

Maintenez le dialogue

Vous ne préparerez pas votre fille à la menstruation en une seule discussion. Il faudra maintenir le dialogue. Ne cherchez pas à évoquer tous les détails en une seule fois. Trop d’informations d’un coup pourraient submerger l’adolescente. Les enfants apprennent étape par étape. De plus, il sera peut-être nécessaire de répéter certaines choses à des moments différents. En grandissant, votre fille pourra en assimiler davantage.

Pensez également que l’attitude de la jeune fille à l’égard de la menstruation évolue au cours de l’adolescence. Quand elle aura acquis une certaine expérience, elle aura probablement d’autres inquiétudes et d’autres interrogations, d’où la nécessité de poursuivre son éducation et de répondre à ses questions. Tenez-vous-en à ce qui sera le plus utile et le plus adapté à son âge et à sa capacité de compréhension du moment.

Prenez l’initiative

Mais que faire si votre fille semble se désintéresser du sujet ? Sans doute rechigne-t-elle à parler de choses intimes, à moins qu’elle n’ait juste besoin d’un peu de temps pour surmonter son embarras afin de formuler des questions. Mais il se peut aussi qu’elle affirme déjà tout savoir sur le sujet.

Lors d’une étude réalisée aux États-Unis auprès de collégiennes de onze ans, la plupart estimaient être prêtes pour leurs premières règles. Cependant, leurs réponses à d’autres questions ont révélé que de toute évidence elles étaient loin de tout savoir et qu’elles avaient déjà pris pour argent comptant bon nombre d’idées fausses fondées sur des stéréotypes culturels ou des mythes. Par conséquent, même si votre fille se dit prête, il faut quand même que vous discutiez avec elle.

Ce sera probablement à vous d’engager régulièrement de brèves conversations sur le sujet. C’est même votre responsabilité en tant que père ou mère. Qu’elle le reconnaisse ou non sur le moment, votre fille a absolument besoin de votre aide. Peut-être vous sentirez-vous parfois découragé ou incompétent, mais ne renoncez pas. Armez-vous de patience. Viendra certainement le jour où votre fille vous en remerciera.

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Commentaires (1)

1. dumont 06/01/2014

Bonjour,

mes enfants de 2 et 4 ans( à l'époque), garçon et fille ont vu la boite de tampons dans les toilettes m'ont posé la question de savoir ce que c'était et je leur ai répondu sans réfléchir, aujourd'hui ( 3 ans et demi et 5 et demi )s'il reste un peu de sang dans la cuvette des w.c cela ne les choque pas et savent ce que c'est.
Bien sur je suis consciente que ça ne suffit pas, mais je pense que c'est un bon début, comme pour plein d'autre sujet, ils savent que ça existe, et je sais que d'autres questions suivront

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