Zona

Le zona: une maladie douloureuse (1995)

“La violente douleur que je ressentais derrière l’œil m’a causé des frayeurs, se rappelle Anne. J’avais peur que ce ne soit une tumeur au cerveau.”

“Quand je me suis réveillée avec cette gêne inhabituelle au côté, j’ai pensé à une appendicite”, se souvient Jeanne.

“J’avais déjà eu des éruptions, raconte Philippe, mais je me demandais pourquoi celle-ci me faisait si mal sous la peau.”

SAVEZ-VOUS exactement ce qu’est le zona? Ce mot, emprunté au latin classique, reprend le grec zônê, qui signifie “ceinture”.

En terme médical, on parle d’herpès zoster (d’herpein, “ramper”, et de zôstêr, “ceinture”). Conformément au sens étymologique de cette appellation, le virus herpétique responsable du zona progresse silencieusement le long de nerfs sensitifs avant de ceinturer la partie du corps touchée (généralement le torse) d’une bande serpentine de cuisantes lésions cutanées. La médecine qualifie d’“exquises” [vives et nettement localisées] les douleurs parfois terribles qui accompagnent cette inflammation nerveuse.

Les premières manifestations du zona (fièvre, frissons et indisposition) évoquent souvent la grippe, mais elles peuvent également faire penser à une crise cardiaque, à une tumeur au cerveau ou à d’autres affections graves. La plupart des malades font état d’un engourdissement, de fourmillements en superficie et de démangeaisons ou de sensations de brûlure intense qui laissent progressivement place à une douleur insupportable.

Dans la semaine qui suit l’apparition des premiers symptômes, une bande de boutons rouges prurigineux se dessine sur le trajet du ou des nerfs sensitifs attaqués par le virus, généralement au-dessus de la taille et d’un seul côté du corps. Ordinairement, la maladie se localise sur la cage thoracique, le bas du dos, la poitrine, le cou, le front ou la région oculaire, selon les ganglions nerveux touchés. À l’érythème succèdent bientôt des grappes de vésicules qui font penser au sumac vénéneux. Ces pustules sèchent en une dizaine de jours, puis les croûtes tombent, laissant à nombre de malades un souvenir de leur rencontre avec le zona sous forme de cicatrices et de douleurs persistantes.

Causes, prévalence et pronostic

Comment contracte-t-on le zona? Il semble que le malade s’infecte lui-même. Des chercheurs ont établi avec une quasi-certitude que le virus herpétique du zona (Herpesvirus varicellae) est le même que celui, très contagieux, de la varicelle. Cela explique que quelqu’un (généralement un enfant) puisse attraper la varicelle au contact d’un malade du zona. Par ailleurs, le zona ne se déclare que chez des individus ayant déjà eu la varicelle.

Lors de la primo-infection, habituellement sous forme de varicelle infantile, le système immunitaire ne débarrasse pas complètement l’organisme d’Herpesvirus varicellae. Celui-ci se réfugie dans un centre nerveux profond (les chercheurs pensent à une région rachidienne ou cérébrale) et y demeure en sommeil jusqu’à ce que des conditions favorables le réactivent, souvent des années plus tard, quand le système immunitaire est plus faible.

Si le zona affecte globalement 10 à 20 % de la population, c’est après 50 ans que les risques sont le plus grands. Les spécialistes estiment que la moitié des personnes qui atteignent 85 ans en ont été victimes. Hommes et femmes sont touchés à peu de chose près dans les mêmes proportions. La maladie peut frapper une seconde fois, mais il est rassurant de savoir que le taux de récidive n’est que de 2 à 4 % environ.

Le plus souvent, le zona apparaît après une grave maladie, un stress inhabituel, un état de fatigue prolongé ou une importante perturbation. Il peut faire suite à une chimiothérapie, à une radiothérapie ou à d’autres thérapeutiques qui menacent ou altèrent le système immunitaire. La réactivation du virus herpétique se traduit, non par une nouvelle varicelle, mais par un zona, qui, s’il présente certaines des caractéristiques générales de la varicelle (érythème, vésicules, croûtes), n’en est pas moins une maladie distincte.

S’agit-il d’une affection grave, et quelle est sa durée? Le zona est une maladie très pénible, mais rarement dangereuse. Cependant, celui chez qui il s’installe peut se préparer à endurer plusieurs semaines de souffrance, le temps que l’organisme établisse ses défenses. Dans la plupart des cas, l’affection dure entre une semaine et dix jours, mais la guérison de l’éruption peut demander jusqu’à quatre semaines. Il n’est pas rare que le malade soit assailli de douleurs nerveuses (ou douleurs postzostériennes) pendant plusieurs semaines, voire plusieurs mois, après la disparition des vésicules.

L’atteinte d’un œil peut altérer sérieusement la vue, et même provoquer la cécité; aussi est-il sage de consulter immédiatement un ophtalmologue si la maladie touche une partie du visage. Un traitement précoce permet souvent de prévenir de graves complications oculaires.

Traitement

Existe-t-il un traitement efficace contre le zona? Quantité de remèdes ont été essayés au fil des siècles, mais force est de constater que les traitements actuellement disponibles ne font guère plus qu’atténuer légèrement les symptômes et combattre la douleur jusqu’à ce que la maladie guérisse d’elle-même.

De récents travaux sur l’utilisation d’agents antiviraux dans le traitement de diverses infections à herpès ont donné des résultats prometteurs pour le zona. C’est le cas, par exemple, de l’aciclovir qui, sans être curatif, ralentit cependant la réplication du virus et, chez certains sujets, apaise la douleur et réduit la durée de la maladie. Selon les chercheurs, pour obtenir les meilleurs résultats, il faut entreprendre le traitement le plus tôt possible.

Dans une étude réalisée à la faculté de médecine de l’université du Colorado, des malades du zona à qui l’on avait fait absorber par voie orale jusqu’à 800 milligrammes d’aciclovir cinq fois par jour pendant dix jours ont présenté un tableau clinique beaucoup moins marqué sous le rapport des lésions cutanées, des croûtes et des douleurs que les sujets qui avaient reçu des placebos. Les chercheurs sont divisés par contre quant à savoir si l’aciclovir diminue l’intensité des douleurs postzostériennes. Une relative efficacité dans le traitement de la maladie est également enregistrée avec un autre antiviral, la vidarabine. Par ailleurs, des recherches sur un vaccin sont en cours, mais elles n’en sont encore qu’au stade expérimental.

Nombre de ceux qui ont eu un zona disent que la douleur serait plus supportable si elle n’était pas continue. De fait, elle est présente jour et nuit, épuisant le malade tant mentalement que physiquement.

Quand la douleur devient particulièrement vive, le médecin peut décider de prescrire des analgésiques plus puissants pendant quelques jours malgré de possibles effets secondaires. Si le malade les supporte, des compresses humides froides peuvent avoir une action apaisante. L’application locale plusieurs fois par jour d’une crème contenant 1 % de sulfadiazine argentique procure parfois du soulagement. Ne touchez pas aux vésicules; ne les grattez pas et ne les recouvrez pas de bandages.

Les lésions guérissent peu à peu, mais beaucoup de malades n’en ont pas fini avec les souffrances; le zona leur porte en effet un second coup sous la forme de douleurs postzostériennes, particulièrement débilitantes pour les personnes âgées et les sujets immunodéprimés. Cette douleur cuisante et pulsatile est difficilement supportable. Pour la combattre, on recourt, dans certains cas, aux corticostéroïdes, mais les données médicales sont peu concluantes sur l’efficacité et l’innocuité de ces substances puissantes. Face à des douleurs persistantes, les médecins prescrivent parfois de l’amitriptyline, un antidépresseur, mais cette substance risque d’aggraver la situation, notamment en cas d’utilisation prolongée.

Curieusement, des résultats plutôt prometteurs en matière d’analgésie ont été obtenus avec une pommade contenant de la capsaïcine, une substance extraite du poivron rouge utilisé pour faire de la poudre de piment. On ne peut toutefois l’appliquer qu’après cicatrisation des vésicules. Atteinte d’un zona particulièrement douloureux, une malade a trouvé du soulagement grâce à un appareil d’électrostimulation transcutanée qu’elle a porté jour et nuit pendant plusieurs semaines. Les légères décharges électriques masquaient l’intense douleur interne et la laissaient libre de ses mouvements.

Il existe également une longue liste de remèdes de famille, dont la plupart ont trait au régime alimentaire (pauvre en arginine) et à l’apport de compléments (vitamines B et C, L-lysine). Certaines personnes louent les vertus de l’application locale de vinaigre de cidre; d’autres font confiance à la vitamine E pour accélérer la cicatrisation des pustules.

Que le zona vous frappe, et il serait étonnant que vos amis ne vous proposent pas spontanément leurs remèdes favoris. Il en est d’utiles et d’autres non. Quoi qu’il en soit, ces intentions peuvent être comme un baume sur vos souffrances: elles vous montrent que vos amis se soucient de vous, et ce témoignage peut vous faire plus de bien que leurs remèdes.

Disons, en conclusion, que le patient et son médecin peuvent faire certaines choses pour limiter l’ampleur de la maladie et atténuer la douleur. Mais en déclarant: “Cela ressemble à un zona”, peut-être votre médecin veut-il vous faire comprendre que le mieux à faire est de vous armer de patience et d’endurance en attendant que les moyens de défense dont le Créateur a dotés notre organisme viennent à bout de la maladie.

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Commentaires (2)

1. Marie 03/02/2010

Je reviens effectivement de chez le docteur qui ma annoncé que j'avais le zona . Sa a commencé un lundi soir dans le dos cela me grattais étrangement ... J'ai regardé et ai vu 3 boutons a quelques millimètre d'eccart ! J'ai averti ma mère et ma dit que ce n'était qu'une piquere d'insecte ! Le lendemain les boutons distincs se sont transformaient en de nombreux boutons d'etédant sur une ligne comme d'horribles pustules !
Il fallu attendre mercredi matin pour aller chez le medecin qui m'annonca que ces douloures et brulures étaient enfait le zona qui se dévéloppait le long du nerf partant d'une cote et remontant jusqu'a la collene vertébrale !
Il m'expliqua que mon cas ne présentant pas plus d'une diziane de boutons ce n'était pas inquietant et qu'il suffisait de suivre un traitement d'une semaine abase de comprimés pour que cela s'arrange .
A présent , quelques heures ce sont passé depuis le retour de chez le medecin et cela me fait très mal avec le frottement du tee-shirt ou encore quand je me penche !
J'espère que ces quelques boutons partiront bien vit !!

2. La7 05/03/2010

En lisant tout ce qui est écrit sur le ZOOOONA;on croirait que des milliers de vipères vous ont mordu...
ça fait déjà longtemps que j'en souffre:Quoi de spécial?:Un peu de fièvre,des douleurs (Pas atroces comme s'est dit par tout le monde)des grappes rouges mûres et surtout beaucoup de gêne pour ceux qui ne sont pas armés de volonté.Il faut conclure que le ZOOOONA est une maladie comme tant d'autre;il faudrait l'admettre l'accepter et la supporter....
Ce que je n'ai pas lu dans les articles précedants c'est que le ZOOOONA peut nous rendre visite plusieurs fois.C'est mon cas.Est-ce grave?je ne sais plus!!!
ça vient,ça reste en notre campagnie une,deux ou trois semaines et hop! Elle s'en va.Un jour;sans nous en apperçevoir elle revient pour y passer son congé.
Personnellemnt,je m'y suis habituer....
Maladies,maladies et vu mon âge,je la péfère à tant d'autres

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